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Environnement

L’exposition à la pollution de l'air pendant la grossesse, un risque pour le foetus

Selon une nouvelle étude menée par des chercheurs français, l’exposition à la pollution de l’air pendant la grossesse peut entraîner des modifications épigénétiques au niveau du placenta, et ainsi mettre la santé du futur enfant en danger. L'épigénétique une nouvelle façon de comprendre la transformation de nos gènes au cours du temps et l'influence de l'environnement.

 L’exposition à la pollution de l'air pendant la grossesse, un risque pour le foetus Naeblys

  • Publié 21.06.2018 à 17h35
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  • Mise à jour le 24.06.2018 à 19h00
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La pollution atmosphérique, et en particulier celle au dioxyde d’azote affecte la santé des enfants avant même qu’ils ne soient venus au monde. C’est ce que met en lumière une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Inserm, du CNRS et de l’Université Grenoble Alpes. Regroupés au sein de l’Institut pour l’avancée des biosciences, les chercheurs ont analysé les conséquences d’une exposition à la pollution de l’air in utero et en sont venus à la conclusion que celle-ci était associée à des modifications épigénétiques au niveau du placenta. Ce qui peut présenter un risque pour le fœtus.

Des modifications épigénétiques liées à la pollution

Plusieurs études avaient déjà pointé les conséquences délétères de la pollution atmosphérique sur la santé de la mère et celle son futur enfant : risque de pré-éclampsie chez la femme enceinte, petit poids du bébé à la naissance, fonctionnement dégradé de ses poumons, troubles neuro-développementaux ou encore risque d’hypertension artérielle sont autant de séquelles pointées par différents travaux scientifiques. L’équipe de chercheurs français a analysé les mécanismes expliquant l’effet des polluants de l’air sur le développement du fœtus et en ont conclu qu’ils pourraient passer par une altération du placenta.

Pour parvenir à cette conclusion, ils ont mené une étude auprès de 668 mères et leurs enfants. Les femmes ont été recrutées dans les Centres hospitalo-universitaires de Nancy et de Poitiers entre 2003 et 2006. Les scientifiques ont pu observer que les mères les plus exposées au dioxyde d’azote (gaz issu des processus de combustions automobiles, industrielles et thermiques) pendant leur grossesse présentaient une modification épigénétique sur le gène ADORA2B. "Des défauts dans l’expression de ce gène ont été associés dans d’autres études à la pré-éclampsie, une maladie de la grossesse fréquente et grave si elle n’est pas prise en charge" explique Johanna Lepeule, chercheuse à l'Inserm. Les niveaux d’exposition moyens dans la population étudiée étaient inférieurs à la limite annuelle fixée par la directive de l’Union européenne sur la qualité de l’air (40 mg/m3 pour le dioxyde d’azote).

Les résultats mis en évidence par l’étude confirment ainsi une partie de l’hypothèse selon laquelle les expositions prénatales aux polluants de l’air, à des niveaux communément retrouvés en Europe et en France, pourraient avoir des effets néfastes sur la santé de la femme enceinte et de l’enfant à naître.

Epigénétique

L'épigénétique  explique la façon qu’a l’acquis de transformer nos gènes. La raison pour laquelle les enfants des fumeurs de haschich souffrent plus de psychose que les autres, pourquoi des dizaines d’années après une famine, les petits enfants des survivants connaissent des problèmes alimentaires porte un nom.  Pourquoi les femmes, enceintes durant les événements du 11 septembre 2001, à New York, ont accouché d’enfant dont le taux de cortisol restait beaucoup plus élevé que la normal (le cortisol est une substance sécrétée en cas de stress), c’est l’épigénétique, une nouvelle discipline de la médecine, qui propose une explication et qui a fait irruption dans l’éternel débat entre l’inné et l’acquis.

Cela signifie que certaines maladies ne sont pas dues à une grosse modification des gènes, mais à des mutations très subtiles et individuelles qui seront probablement présente chez les descendants dès les générations suivantes.

Dans la théorie de l’évolution des espèces qui au cours des millions d’années a transformé le poisson en homme, on ne pensait pas que des modifications à l’échelle d’une vie étaient possible.  L’épigénétique se propose de retrouver les marques de l’environnement, des médicaments ou des événements de notre existence, sur les gènes de chacun d’entre nous et de façon individuelle.

La différence entre la génétique et l’épigénétique est celle qui existe entre l’écriture d’un livre et sa lecture. Le livre écrit, tous les exemplaires vendus seront les mêmes. Cependant, chaque lecteur aura une interprétation légèrement différente de l’histoire, qui suscitera en lui des émotions et des projections personnelles au fil de sa lecture. Si on compare à l’épigénétique, d’une manière très comparable, l’épigénétique permettrait plusieurs lectures d’un gène, donnant lieu à diverses interprétations, selon les conditions dans lesquelles est placé chacun de nous.

La pollution modifie l'ADN des bébés avant leur naissance

Ce n’est pas la première fois que des chercheurs pointent les modifications épigénétiques induites par la pollution atmosphérique.

Comme le révélait une autre étude en janvier dernier, la pollution affecterait également l'ADN des bébés avant leur naissance. Publiée dans Environment International, cette recherche consistait à examiner l'ADN du sang du cordon ombilical des nouveau-nés nés à Tongliang, en Chine, avant et après la fermeture d'une centrale au charbon en 2004.

Les chercheurs ont observé que les bébés nés avant la fermeture de l'usine avaient des télomères plus courts que ceux nés après sa fermeture. Les télomères sont une section spécialisée et essentielle de l'ADN qui permet de copier fidèlement les chromosomes. Finalement, les télomères raccourcis conduisent les copies à être moins fidèles et cela aurait un lien avec le vieillissement, le cancer, les maladies cardiovasculaires, le déclin cognitif et même la mort prématurée.

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