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Effets secondaires

Adénome de la prostate : certains médicaments augmentent le risque de diabète de type 2

Par Mégane Fleury

Les médecins ne recommandent pas d’arrêter les traitements, mais d’accroître la surveillance des patients. 

nensuria/istock

De nombreux médicaments ont des effets secondaires mais certains peuvent être plus inquiétants que d’autres. Des chercheurs écossais et britanniques montrent que le traitement contre l’adénome de la prostate augmente le risque de diabète de type 2. Dans leurs résultats, publiés dans le British Medical Journal, ils n’appellent pas les patients à changer de traitement mais les médecins à renforcer leur surveillance. 

Des médicaments utilisés pour réduire la taille de la prostate 

L’adénome de la prostate, ou hypertrophie bénigne, désigne une affection qui concerne principalement les hommes de plus de 50 ans. Avec l’âge, la taille de leur prostate augmente et compresse l’urètre. A terme, cela provoque une gêne en urinant, principal symptôme de la maladie. 

De nombreux hommes atteints prennent des inhibiteurs de la 5-alpha-réductase : ces médicaments permettent de réduire le volume de la prostate. L’un des effets secondaires connus est l’apparition de troubles de l’érection. De précédentes études montraient qu’ils peuvent également diminuer la réponse de l’organisme à l’insuline, or il s'agit de l’un des symptômes du diabète de type 2. 

Environ 30% de risque en plus 

Dans cette recherche, les chercheurs ont analysé les données de santé d’environ 55 000 hommes, prenant des inhibiteurs de la 5-alpla-réductase, au Royaume-Uni sur une période de 11 ans. D’après leurs conclusions, la prise de ces médicaments augmente d’un tiers le risque de diabète type 2. "Ces résultats ne doivent pas être source d’inquiétude pour les hommes qui prennent des inhibiteurs de la 5-alpha-réductase", rassure Laurence Stewart, l’une des auteurs de l’étude. Au contraire, c’est selon lui aux soignants et médecins de redoubler de vigilance lorsqu’ils les prescrivent et après, lors du suivi de leurs patients.

80 % des hommes de plus de 80 ans seraient atteints d’hypertrophie bénigne de la prostate. Deux millions d’hommes en France en auraient certains symptômes.