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François Hollande

Une opération de l'adénome de la prostate laisse peu de séquelles

En 2011, François Hollande a été hospitalisé pour une hypertrophie bénigne de la prostate. L'opération est sans conséquence majeure, explique le Pr François Desgrandchamps. 

Une opération de l'adénome de la prostate laisse peu de séquelles LCHAM/SIPA

  • Publié 04.12.2013 à 16h14
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En février 2011, juste un mois avant de se lancer dans la course à la primaire socialiste en vue de l'élection présidentielle de 2012, François Hollande a dû subir une opération de la prostate à l'hôpital Cochin à Paris. L’information, révélée par France Info, a été confirmée par l’Elysée dans un communiqué. François Hollande « a été hospitalisé quelques jours dans le service d’urologie du CHU de Cochin pour une hypertrophie de la prostate », indique le communiqué diffusé ce matin.

Le Pr François Desgrandschamps, urologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris, répond aux questions de pourquoidocteur.

Qu’est-ce qu’une adénomectomie ?
Pr François Desgrandchamps
: « Avec l'âge, le volume de la prostate augmente naturellement et peut provoquer des troubles urinaires. Si les traitements médicamenteux sont inefficaces pour supprimer cette hypertrophie de la prostate, une opération chirurgicale est indiquée : il s’agit de l’adénomectomie qui consiste à enlever une partie de la prostate.  »

Quelle est la  différence avec une opération pour un cancer de la prostate ?
Pr François Desgrandchamps  : « Pour un cancer, le chirurgien retire entièrement la prostate. Le risque de séquelle est donc bien différent. Après une opération pour cancer, le malade peut avoir des fuites et des problèmes d’érection alors qu’après une adénomectomie, il n’y a pas ce type de problème. La seule séquelle notable, c’est qu’on ne peut plus avoir d’enfant. »

L’hospitalisation aurait duré 8 jours, n’est-ce pas un peu long pour une opération bénigne ?
Pr François Desgrandchamps  : « Non, c’est tout à fait concevable pour une adénomectomie par voie haute. Quand l’adénome est gros, le chirurgien ne peut pas l’enlever par les voies naturelles, on ne peut pas le réséquer. Il faut donc inciser la vessie, et après une incision de vessie, la personne opérée doit rester cinq jours avec une sonde afin que la vessie cicatrise. Donc, cinq jours plus le week-end, l’hospitalisation dure 7 jours, donc la durée annoncée n’est pas surprenante".



Est-ce que l’adénomectomie ne peut pas faire le lit du cancer ?
Pr François Desgrandchamps : « Ce sont deux maladies très différentes qui n’ont pas de relation l’une avec l’autre. Ce n’est pas parce qu’un homme a eu une adfénomectomie qu’il est plus à risque de cancer après. »



Après une adénomectomie, un suivi médical est-il nécessaire  ?
Pr François Desgrandchamps  :« Une fois que l’adénome est enlevé, et que tout est cicatrisé, le malade est guéri. Il n’y a donc plus besoin de faire un suivi. Cela dit, les personnes opérées ont encore des résidus de prostate, donc comme pour les autres hommes, ces résidus doivent faire l’objet d’un suivi pour dépister un éventuel cancer de la prostate. »

Est-ce que François Hollande aurait dû rendre public en 2011 cette opération ?
Pr François Desgrandchamps  : « C’est intime, cela ne regarde personne. Cette opération ne retentit pas du tout sur les capacités de décision de quelqu’un, ça ne diminue pas du tout ses critères de jugement, pas de traitement qui peuvent interférer avec les prises de décisions. C’est du ressort de l’intime. »


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