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Saint-Valentin

Peut-on trouver l’amour quand on vit avec un trouble mental?

Lorsqu’on vit avec un trouble mental grave, trouver l’amour peut sembler plus compliqué. Pourtant, d’après la science, rien n’empêche réellement de construire une relation épanouissante.

Peut-on trouver l’amour quand on vit avec un trouble mental? David-Prado/iStock




L'ESSENTIEL
  • Même avec un trouble mental grave, trouver l’amour reste possible.
  • Une récente étude montre que les partenaires ont tendance à partager les mêmes troubles mentaux.
  • L’une des raisons, selon les chercheurs, pourrait être qu’ils partagent des caractéristiques communes qui favorisent l’attirance.

Soirée romantique, cocooning ou festive, qu’importe le programme pourvu que l’amour soit présent en ce soir de Saint-Valentin. Mais ce 14 février n’est pas seulement la fête des couples. C’est aussi l’occasion de célébrer Cupidon, célèbre figure de la mythologie romaine. Armé de son arc, le dieu de l'amour a le pouvoir de nous faire tomber amoureux en tirant l’une de ses flèches. 

Mais Cupidon tire-t-il vraiment ses flèches sur tout le monde ? Dans l’imaginaire collectif, les personnes atteintes d’un trouble mental grave sont souvent perçues comme éloignées de l’amour, comme si elles en étaient exclues. Tania Lecomte, professeure au Département de psychologie de l’Université de Montréal (UdeM), travaille justement à déconstruire ce préjugé.

Des freins à l’amour chez les personnes atteintes de troubles mentaux

Dans ses travaux, la chercheuse énumère les freins que rencontrent les personnes atteintes de troubles mentaux graves. Selon elle, trouver un ou une partenaire peut être difficile à cause de barrières personnelles (comme la faible estime de soi ou la peur du rejet), sociales et structurelles, notamment la stigmatisation. 

"Chez les hommes, certains troubles psychotiques apparaissent à l’adolescence ou au début de l’âge adulte, une période clé pour acquérir les habiletés sociales et amoureuses", explique Tania Lecomte, dans un communiqué de l’UdeM. Au cours de ses recherches, elle a observé que les femmes atteintes de troubles mentaux avaient plus de facilité à se mettre en couple. "Mais cela ne signifie pas pour autant des relations saines, souligne-t-elle. La vulnérabilité peut quelquefois attirer des personnes contrôlantes ou toxiques, ce qui amène d’autres difficultés."

Troubles mentaux : trouver l’amour, c’est toujours possible

Dans une récente étude, publiée dans la revue Nature Human Behaviour, des chercheurs ont analysé les données de plus de six millions de couples atteints de troubles psychiatriques. Plus précisément, neuf ont été recensés dont le trouble bipolaire, la schizophrénie, la dépression, l’anxiété, l’autisme, l’addiction (toxicomanie), les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) et le trouble de l'attention (TDAH).

Les données ont montré que les partenaires avaient tendance à partager les mêmes troubles mentaux. Pour expliquer cela, les scientifiques avancent trois principales hypothèses : les caractéristiques communes qui favorisent l’attirance, le fait de vivre dans le même environnement ainsi que des possibilités peut-être plus restreintes. "Il se peut que les patients atteints de troubles psychiatriques aient des choix limités en matière de conjoint en raison de contraintes sociales, ce qui augmente la probabilité qu'ils épousent des patients atteints de troubles psychiatriques", indiquent les scientifiques.

Pour Tania Lecomte aussi, le principal obstacle reste la stigmatisation envers les personnes atteintes de troubles mentaux. "Il y a un problème avec les catégories de diagnostic parce qu’elles mettent une étiquette sur les gens, détaille-t-elle. Quand on pense à un trouble psychotique, on s’imagine que la personne vit dans une réalité altérée, qu’elle se parle toute seule en se berçant, comme dans les films. Mais les gens ne vont pas mal tout le temps, ce sont des épisodes. Et il y a des personnes qui ne vont connaître qu’un seul épisode de maladie mentale dans leur vie."

Le chemin semble encore long pour déconstruire ces préjugés. Mais le fait de déclarer la santé mentale grande cause nationale, pour la deuxième année consécutive, en France pourrait contribuer à changer le regard de la société sur les troubles mentaux… Et ce d’autant plus qu’une personne sur quatre va en souffrir à un moment de sa vie.

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