- L'anxiété peut rester longtemps non diagnostiquée en raison de l'adaptation progressive du patient aux symptômes.
- La confusion entre les symptômes anxieux et la personnalité peut aussi contribuer à la minimisation du trouble.
- La peur du regard des autres conduit fréquemment à minimiser ses difficultés, à éviter d’en parler et à s’isoler émotionnellement, ce qui retarde le diagnostic et la prise en charge de l'anxiété.
L’anxiété est une émotion normale et nécessaire qui nous aide à anticiper les dangers et à nous adapter. Mais lorsqu’elle devient permanente, envahit les pensées et influence les comportements, elle peut évoluer vers un trouble anxieux. Si une part importante des troubles anxieux chez l’adulte reste non diagnostiquée pendant longtemps, c’est souvent à cause d’une adaptation progressive, d’une banalisation des symptômes et d’un contexte social.
Quand les symptômes se fondent dans le quotidien
Si l’anxiété chronique passe inaperçue, c’est qu’elle imite souvent les contraintes ordinaires de la vie moderne. Fatigue persistante, irritabilité, troubles du sommeil ou ruminations incessantes sont facilement attribués au travail, à la charge familiale ou au stress ambiant.
Tant que la personne continue à « tenir » et à remplir ses obligations, ces signaux sont perçus comme normaux, voire inévitables. L’anxiété s’installe alors progressivement et devient une toile de fond permanente. Sans espace de dialogue ou de questionnement, ni la personne concernée ni son entourage ne perçoivent qu’il s’agit d’un trouble nécessitant une attention particulière.
Le masque de la performance et la peur du jugement
Chez certaines personnes, l’anxiété s’exprime par une hyperadaptation, au travers d’un besoin d’anticiper, de contrôler et de bien faire qui devient un moyen de se rassurer. De l’extérieur, cela peut se traduire par une grande fiabilité, un investissement important ou une organisation irréprochable.
Pourtant, cette apparente solidité repose souvent sur une hypervigilance constante et une peur de l’erreur, du jugement, ou d’être perçu comme faible ou incapable. Cette peur du regard des autres conduit fréquemment à minimiser ses difficultés, à éviter d’en parler et à s’isoler émotionnellement, retardant ainsi le diagnostic et la prise en charge.
La confusion entre personnalité et trouble anxieux
La confusion fréquente entre les symptômes anxieux et la personnalité peut aussi contribuer à la minimisation du trouble. Être inquiet est alors vu comme un trait stable, le perfectionnisme comme une qualité, le besoin de contrôle comme une force. Ces interprétations rassurantes masquent le fait que ces comportements peuvent être dictés par une anxiété chronique.
En assimilant la souffrance à une manière d’être, on laisse entendre qu’elle est immuable et qu’aucun changement n’est possible. Au contraire, encourager une communication ouverte, sans pression ni jugement, reste l’un des leviers les plus efficaces pour rendre visibles ces souffrances silencieuses et ouvrir la voie vers un mieux-être durable.
En savoir plus : "J'ai envie de comprendre l'anxiété et les troubles anxieux" de Guido Bondolfi et Suzy Soumaille.


