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Débat

Dépression : chez les hommes, la testostérone serait efficace

Par la rédaction avec Mathilde Debry

Chez les hommes, le recours à la testostérone pour traiter la dépression fait débat. Une nouvelle analyse y est favorable. 

Marc Bruxelle / istock

Depuis des années, le recours à la testostérone pour traiter la dépression chez les hommes fait débat. Pour tenter d’y voir plus clair, des chercheurs ont décidé de compiler les résultats des études menées sur la question, qui sont parfois contradictoires.

Un effet "antidépresseur modéré"

Bilan : ils ont conclu que la testostérone avait un effet "antidépresseur modéré" par rapport au placebo, et que cet effet bénéfique était plus prononcé lorsque les doses étaient plus élevées. Les hommes les moins déprimés ont tiré le plus d'avantages de ce traitement. Il n'y avait aucun lien entre les bienfaits su traitement et le taux initial de testostérone. L'analyse n'a pas non plus montré de différence entre les hommes plus jeunes et plus âgés ; tous les groupes d'âge avaient un niveau de réponse similaire au traitement.

En tant que stéroïde neuroactif, la testostérone peut influencer l'humeur chez les hommes, d’où son potentiel antidépresseur. "Le traitement à la testostérone semble être efficace pour réduire les symptômes dépressifs chez les hommes, en particulier lorsque des schémas posologiques plus élevés ont été appliqués dans des échantillons soigneusement sélectionnés", concluent les chercheurs.

Des traitements alternatifs

27 essais cliniques randomisés ont été inclus dans l’analyse, amenant à un total de 1 890 participants. Les chercheurs visaient à "examiner l'association du traitement à la testostérone avec le soulagement des symptômes dépressifs chez les hommes et à clarifier les effets modérateurs de l'âge, de la durée du traitement et de la posologie ".

Si on cherche des traitements alternatifs à ceux déjà existants, c’est parce que de nombreuses personnes sont insensibles aux antidépresseurs actuels, ou n’en ressentent que les effets indésirables. Actuellement, la testostérone n’est pas prescrite pour traiter les dépressions.

Trois suicides sur quatre sont commis par des hommes

La dépression est la maladie psychiatrique la plus fréquente et touche tous les âges. En France, on estime que près d’une personne sur cinq a souffert ou souffrira d’une dépression au cours de sa vie. La prévalence de la dépression dans l'Hexagone a augmenté de 1,8 points entre 2010 et 2017, selon un récent rapport de Santé Publique France, notamment chez les femmes (+3 points), les 35-44 ans (+4 points), les chômeurs (+5 points) et les personnes à faibles revenus (+3 points). En Europe, la dépression touche sévèrement le sexe masculin. Trois suicides sur quatre sont commis par des hommes, ce qui amène à une disparition toutes les minutes. 

9 critères issus du DSM-5

Se sentir triste, fatigué et manquer de motivation peut faire partie d'un état émotionnel négatif dans un contexte donné. Que ce soit à cause d'un surmenage au travail, de la perte d'un être cher, d’une séparation ou d'une fatigue qui s'accumule, les symptômes de la déprime ne font pas partie d'une maladie psychiatrique à proprement parler.

Pour faire la différence, il est important de se baser sur les 9 critères issus du DSM-5 (5emeédition du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’Association Américaine de Psychiatrie), à savoir une tristesse permanente ; une anhédonie (perte de la sensation de plaisir) ; des troubles du sommeil comme des insomnies ou des hypersomnies (sommeil excessif) ; une prise ou une perte de poids ; un ralentissement psychomoteur ; une fatigue ; un sentiment de dévalorisation et des idées noires ou des idées suicidaires. Avoir eu tous ces symptômes pendant plus de 2 semaines n’est pas anodin et nécessite l’avis d'un psychiatre ou d'un médecin.