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Découverte scientifique

Alzheimer: un lien avec l’herpès dont le traitement réduit le risque

Par Mégane Fleury

Le virus de l’herpès de la lèvre (HSV1) pourrait augmenter le risque d’être atteint de la maladie d’Alzheimer. Mais lorsque les personnes sont soignées par un traitement antiviral spécifique, le risque de la maladie régresse. 

lolostock/iStock

3,7 milliards de personnes dans le monde seraient concernées par l’herpès de type 1 d’après une publication de l’Organisation mondiale de la santé. L’infection peut être provoquée par deux types de virus : le HSV1 pour l’herpès labial, le fameux "bouton de fièvre" ou le HSV2 pour l’herpès génital.

En reprenant les données de trois études épidémiologiques taïwanaises, des scientifiques de l’université de Manchester et d’Edimbourg ont constaté que les personnes infectées par ce virus ont plus de risques d’être atteintes de la maladie d’Alzheimer. 

Un risque multiplié par dix 

L’étude a été menée sur 8 362 personnes, âgées de plus de 50 ans, récemment diagnostiquées d’un herpès labial sévère et suivies sur une période de dix ans. Les résultats obtenus ont été comparé à ceux d’un groupe contrôle composé de 25 086 personnes sans herpès évident. Les personnes atteintes d’un herpès sévère avaient un risque 2,5 fois plus élevé de contracter la maladie d’Alzheimer, mais pour celles qui étaient soignées par un traitement antiviral, l’incidence de la maladie était divisée par dix !

Les chercheurs ont, par ailleurs, constaté la présence de l’ADN du virus de l’herpès dans les plaques amyloïdes, les lésions responsables de la maladie d’Alzheimer. Selon eux, le processus de réactivation du virus de l’herpès dans le cerveau pourrait être à l’origine de la maladie. Certains facteurs psychiques peuvent expliquer que l’herpès se déclare à nouveau comme le stress par exemple, mais cela peut aussi être lié à une infection ou une inflammation dans une autre partie du corps. 

L’espoir d’un traitement 

"Cela met aussi en avant la possibilité à l’avenir de prévenir la maladie en réalisant des vaccins contre l’infection pendant l’enfance", souligne le professeur Itzhaki, l’un des auteurs de l’étude. Pour l’heure, aucun traitement ne permet de soigner véritablement Alzheimer. Selon France Alzheimer, en France, 850 000 personnes sont atteintes à travers l’hexagone. Si la maladie continue de progresser au même rythme, il pourrait y avoir plus de deux millions de personnes touchées en 2040.