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Après une plainte classée sans suite

Pesticides près des écoles : 56000 signataires exigent des mesures

Par Julian Prial

La plainte déposée suite à l’intoxication aux pesticides d’écoliers et d’enseignants dans Le Médoc (33) a été classée sans suite. 56 000 pétitionnaires demandent des mesures.

Vignoble de Preignac dans le département de la Gironde (33), GAYET/SIPA

La plainte déposée à la suite de l’intoxication aux pesticides d’une vingtaine d’écoliers et d’enseignants en mai 2014 dans le Médoc a été classée sans suite par la justice.
Cette décision a provoqué l’incompréhension de Marie-Lys Bibeyran, militante anti-pesticides. Pour cette raison, elle est l'auteure d’une pétition sur Change.org demandant à la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, que les vignes situées près des écoles et équipements sportifs soient traitées en bio. Créé il y a 3 semaines, le texte rencontre un succès important sur Internet. Il a déjà été signé par plus de 56 000 personnes.

9 cancers pédiatriques dans une zone proche

Dedans, Marie-Lys Bibeyran, dont le frère ouvrier agricole pendant 30 ans est décédé d’un cancer après une trop forte exposition aux pesticides, cite un rapport de l’Agence régionale de santé (ARS) et de l’Institut national de veille sanitaire (INVS). Ce travail a recensé neuf cas de cancers pédiatriques dans le vignoble du Sauternais (Gironde), « 4 sont situés sur la commune de Preignac (Gironde), dont l’école est située à quelques mètres d’une parcelle de vigne ».
Ces conclusions n'avaient d'ailleurs pas échappées a un collectif de médecins, « Alerte des Médecins sur les pesticides », qui a lancé récemment un appel aux autorités pour qu'elles mènent une enquête approfondie sur les cas de cancers pédiatriques dans cette petite commune de 2 000 habitants. Le lien avec les épandages de pesticides est fortement soupçonné.

Un traitement avec des produits biologiques réclamé

Dans ce contexte, et face à autant de suspicions, Marie-Lys Bibeyran rappelle que la législation française se limite actuellement à « l'interdiction de l'application de pesticides pendant que les enfants sont dans l'enceinte de l'établissement scolaire, ou à l'installation de filets anti-pesticides dont l'efficacité reste à prouver, ou de barrières végétales ».
Elle rajoute qu'« aucune de ces mesures ne supprime l'exposition, la ligne de conduite des pouvoirs publics et de la profession étant de chercher quelle est la meilleure parade pour tenter de limiter cette exposition, sans envisager de la supprimer ». « Or, toute exposition aux pesticides, qui plus est lorsqu'il s'agit d'enfants, est dangereuse pour la santé, à court et long terme », martèle-t-elle, avec entre autres (rapport Inserm), des effets néfastes sur leur cerveau

La militante demande donc un « traitement uniquement avec des produits homologués pour l'agriculture biologique et en dehors de la présence des enfants, de toutes les zones agricoles situées le long des écoles et des infrastructures sportives et culturelles ». Son exemple en la matière, une charte allant dans ce sens signée le 2 mai par le maire de Listrac-Médoc (Gironde).