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QUESTION D'ACTU

1ère plainte au pénal

Pesticides : une enquête pour homicide involontaire après le décès d'un agriculteur

C'est une première en France. Le Pôle Santé Publique de Paris ouvre une enquête pour « homicide involontaire » après le décès d'un vigneron, atteint d'une maladie liée aux pesticides.

Pesticides : une enquête pour homicide involontaire après le décès d'un agriculteur SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

  • Publié 08.07.2015 à 16h24
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Le 27 avril dernier, Valérie Murat déposait une plainte contre X devant le Tribunal de Grande Instance de Paris pour « homicide involontaire » sur la personne de son père. Atteint d’un cancer en 2010, dont le caractère professionnel lié à l’utilisation de l’arsénite de sodium a été reconnu en février 2011, James Bernard Murat, vigneron du Bordelais, a succombé à cette maladie le 8 décembre 2012. Première en France, une enquête préliminaire va être ouverte pour tenter de faire la lumière sur les responsabilités, explique l’association Phyto-Victimes dans un communiqué de presse.

 

Une plainte au pénal

Jusqu’alors, les procédures n’avaient en effet porté que sur la reconnaissance d’un lien entre usage de produits chimiques et maladies chez les agriculteurs. Cette plainte au pénal a donc pour objectif de faire la lumière sur ce qui s’est passé et de dégager les responsabilités, notamment celles des firmes qui ont commercialisé des produits sans avoir indiqué les risques encourus.
Il s’agira aussi de comprendre l'attitude de l’Etat, qui a continué à homologuer ces produits alors qu’on les savait dangereux.

Plusieurs raisons qui font sans doute que cette plainte a retenu toute l’attention du Procureur, qui a décidé d’y donner suite. « C’est précisément ce que nous attendions et espérions. Un classement sans suite aurait été intolérable pour nous, cela constituait un risque, et notre plus grande crainte. Nous savons que cette bataille sera longue et que nous devrons être bien armés, néanmoins, nous nous réjouissons de cette décision qui acte le début des investigations », selon Valérie Murat, fille de James Bernard Murat, citée par l'association.

 

Une victoire pour de nombreuses associations 

Pour Paul François, président de l'association Phyto-Victimes, « il est indéniable aujourd'hui que l'utilisation de la chimie en agriculture, présentée comme des "médicaments des plantes" et comme une avancée technique, a eu et a encore un impact considérable sur la santé des professionnels. La décision du Procureur d'ouvrir une enquête préliminaire prouve l'importance de cette problématique. C'est d'ores et déjà une avancée considérable pour la famille Murat, mais aussi pour tous les professionnels victimes des pesticides. Aussi Phyto-Victimes attend beaucoup de cette procédure », a-t-il conclu.

Même son de cloche pour François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. « L'ouverture d'une enquête préliminaire permettra, nous l'espérons, de lever un peu le voile sur cette affaire et comprendre comment tous les responsables, publiques comme privés, ont pu autoriser ou vendre à M. Murat le pesticide qui l'a tué. Nous espérons que cette enquête sera suivie d'une instruction qui marquera le début de la fin de l'impunité dans cette tragédie des pesticides. »

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