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QUESTION D'ACTU

Sovaldi à l'hôpital, Humira en pharmacie

Le palmarès des médicaments qui coûtent cher à la Sécurité sociale

En 2014, les remboursements de médicaments délivrés en officine et à l'hôpital ont connu une hausse de près de 4 %. L'arrivée des nouveaux traitements contre l'hépatite C l'explique.   

Le palmarès des médicaments qui coûtent cher à la Sécurité sociale DUCLOS ALEXIS/SIPA

  • Publié 16.10.2015 à 09h04
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C'est une nouvelle qui ne va pas arranger les comptes de l'Assurance maladie. En 2014, les remboursements de médicaments délivrés en pharmacie et à l'hôpital (rétrocession hospitalière) ont enregistré une hausse de +3,8 %, représentant 23 milliards d'euros contre 22,1 Mds € en 2013 (+845 millions).
Un phénomène nouveau, car après une décennie de croissance continue, les dépenses de médicaments s’étaient stabilisées en 2011 et avaient reculé en 2012 comme en 2013.

 

Le Sovaldi passe du 235ème rang au 1er

L'Assurance maladie (CNAM) n'a donc pas hésité à présenter l’année 2014 comme celle de « la rupture ». Cette hausse ne serait pas due à une dérive de la prescription des médecins mais résulterait « exclusivement » de l’arrivée des nouveaux antiviraux d’action directe (NAAD) dans le traitement de l’hépatite C. Leur impact financier « majeur » explique cette inversion de tendance, d'après la CNAM.

Résultat, les premiers produits en termes de hausse des dépenses de médicaments à l'hôpital, hors ATU (1) et prise en charge dérogatoire de la pharmacie hospitalière, sont le Sovaldi, uniquement prescrits en établissement, (Sofosbuvir, +334 M€ en 2014), mais aussi le Daklinza (Daclatasvir, +114 M€) et l'Olysio (Siméprévir, +61M€). Le Truvada, un antirétroviral dont l'efficacité en prévention du VIH est maintenant démontrée, arrive lui en dixième position.
 

Les dix premiers médicaments remboursés à l'hôpital 



« Cette hausse exceptionnelle, au-delà du poids financier qu’elle représente sur 2014, est révélatrice des défis que représente l’arrivée d’innovations thérapeutiques majeures mais très onéreuses », a souligné Nicolas Revel, directeur général de la CNAM, pour commenter ce classement.

Un anti-rhumatismal en tête du palmarès officinal

En revanche, une bonne nouvelle est à noter si l’on ne considère que les médicaments délivrés en officine (hors rétrocession). Dans ce cas, la tendance de maîtrise se poursuit, avec à nouveau, pour la troisième année consécutive, une baisse des remboursements : -1 % en 2014, après -0,3 % en 2013.

De manière globale, le classement des 5 premiers médicaments remboursés en 2014 est assez similaire à celui des deux années précédentes, avec des montants remboursés qui diffèrent néanmoins.

C’est l’Humira, un anti-rhumatismal, qui est désormais le premier médicament de ville remboursé avec 395 M€ de dépenses (2ème rang l’année précédente), suivi de l'hypolipémiant Crestor (traitement des hypercholestérolémies) et du Doliprane (3ème rang). Il faut préciser que ce dernier enregistre une nouvelle hausse de ses dépenses (320,9 M€ contre 295,4 M€ en 2013). « Le principal facteur explicatif de cette dynamique est le contexte épidémique hivernal, particulièrement virulent en 2014 », précise l'Assurance maladie.

Enfin, le Lucentis, 1er médicament de ville remboursé en 2013, passe désormais au 4ème rang en 2014 (318.2 M€). C’est la plus forte baisse des remboursements en 2014. Médicament indiqué dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), il a vu son prix baisser de manière importante, en 5 étapes (juillet 2012, février 2013, mai 2014, juillet 2014 et avril 2015).
De plus, l’arrivée sur le marché en novembre 2013 d’Eylea a également joué un rôle majeur dans la baisse des montants remboursés pour cette molécule (report des prescriptions), conclut l'Assurance maladie.

Les dix premiers médicaments remboursés en pharmacie

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