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Grossesse

Pourquoi les Européennes font-elles des enfants de plus en plus tard ?

En Europe, les femmes deviennent mères de plus en plus tard, autour de 30 ans en moyenne. Ce report de grossesse, volontaire, n’est pas sans conséquences pour la santé.

Pourquoi les Européennes font-elles des enfants de plus en plus tard ? AnnaStills / istock




L'ESSENTIEL
  • Les femmes européennes attendent de plus en plus longtemps avant de devenir mères.
  • Ce choix, motivé par des raisons éducatives et financières, augmente les risques d'infertilité.
  • La PMA progresse, mais reste inégalement accessible selon les pays.

Travailler, s’épanouir, se stabiliser… puis envisager un enfant. C’est le chemin que choisissent de plus en plus de femmes en Europe, repoussant toujours davantage l’âge de leur première maternité. Selon les données les plus récentes de l'Union européenne, l'âge moyen des femmes au moment de leur premier accouchement est aujourd’hui de 29,8 ans, contre 28,8 ans il y a dix ans. Ce phénomène concerne tout le continent : de la Moldavie, où l’âge moyen est de 24,7 ans, jusqu’à l’Italie, où il atteint 31,8 ans.

Pourquoi attendre avant de faire un enfant ?

Pour autant, ce report de la parentalité n’est pas synonyme de renoncement. "Il s’agit vraiment d’attendre", explique Ester Lazzari, démographe à l’Université de Vienne, à Euronews Health. "Il y a peu de preuves que les gens ne veulent plus d'enfants ; la taille idéale de la famille n'a pas vraiment changé. C'est juste une question de timing". Les raisons sont multiples : terminer ses études, accéder à une stabilité financière, ou encore trouver un partenaire stable. "Les gens prennent plus de temps pour former des couples durables qu’auparavant", ajoute Lazzari.

Ce report concerne aussi bien les pays d’Europe de l’Ouest et du Sud, où les femmes deviennent mères en moyenne au début de la trentaine, que ceux d’Europe centrale et orientale, où la première maternité survient plutôt vers 26 ou 27 ans. Mais "la tendance au report des naissances est observable partout en Europe", souligne la chercheuse.

Le recours à la PMA en augmentation

Ce décalage temporel n’est pas sans impact. Il augmente notamment le risque de troubles de la fertilité. "La fenêtre reproductive idéale s’est déplacée, mais biologiquement, cela n’a pas changé", rappelle Ester Lazzari.

Ce potentiel décalage entre désir et biologie explique la hausse des recours à la procréation médicalement assistée (PMA) : en 2021, plus de 1,1 million de cycles de traitement ont été réalisés dans près de 1.400 cliniques européennes. Mais ces traitements sont souvent coûteux et parfois inaccessibles à certains groupes (femmes seules, couples homosexuels...), note Euronews Health.

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