- Dans une étude menée sur des petits vers, certains modèles présentant une expression basale plus élevée d'un biomarqueur de l'inflammation étaient plus sensibles à une infection.
- Les rythmes circadiens maternels influençaient fortement les niveaux d'expression basale d'un biomarqueur de l'inflammation.
- L'inhibition des gènes impliqués dans cette horloge interne a éliminé cette influence, suggérant qu'il s'agit d'une source importante de variabilité immunitaire.
Le risque et la gravité d'une maladie sont influencés par la génétique, l'épigénétique et des facteurs environnementaux. Cependant, les réponses immunitaires varient même chez des personnes "génétiquement similaires ou apparentés", sous l'effet de facteurs héréditaires et non héréditaires. Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances, des chercheurs de l’université du Texas (États-Unis) ont montré que les rythmes circadiens pouvaient affecter la variabilité immunitaire, suggérant que des facteurs non génétiques peuvent moduler les défenses immunitaires.
Des marqueurs fluorescents pour étudier les biomarqueurs du système immunitaire d’un petit ver
Pour parvenir à cette conclusion, ces derniers ont mené des expériences sur un nématode (ver rond d'un millimètre de longueur) Caenorhabditis elegans. L’équipe a utilisé des marqueurs fluorescents afin d’étudier les biomarqueurs du système immunitaire du petit ver avant et après une infection bactérienne. "Bien que presque identiques génétiquement, ces organismes peuvent présenter des réponses immunitaires très différentes, même dans un même environnement. Ce concept, appelé hétérogénéité phénotypique, pourrait permettre d'identifier des facteurs susceptibles d'influencer des caractéristiques autres que la génétique ou l'environnement."
Le rythme circadien d'une mère prédirait la vulnérabilité de son enfant aux infections bactériennes
Les nématodes présentant une forte expression basale d'irg-5, un gène de réponse à l'infection, étaient plus susceptibles à l'infection par Pseudomonas aeruginosa. Les auteurs ont également identifié des cibles clés dans la voie de signalisation qui régule cette expression. Des analyses complémentaires ont révélé que le rythme circadien maternel influençait l'hétérogénéité immunitaire, plus précisément les niveaux d'expression basale, de la descendance et que l'inhibition des gènes de l'horloge biologique éliminait les effets induits par ce rythme.
"Ces résultats révèlent un mécanisme circadien capable d'engendrer des différences significatives dans l'évolution des infections, même lorsque la génétique et l'environnement sont similaires. Cette régulation circadienne pourrait expliquer pourquoi des patients présentant des profils de risque comparables réagissent souvent très différemment aux infections", a déclaré Alejandro Aballay, qui a dirigé les travaux.


