Expresso, allongé, latte ou aromatisé : il existe mille et une façons de consommer du café. Mais ses effets sur la santé sont souvent débattus par la communauté scientifique. S’il peut protéger contre certaines pathologies, il est parfois associé à des effets secondaires.
Caféine : quelle est la position de l’Union Européenne sur cette substance ?
En octobre 2025, la Commission européenne a rappelé son positionnement sur cette substance. Elle a été initialement saisie par une entreprise, Progarein : cette dernière souhaitait la commercialiser comme pesticide. Dans son document, la Commission explique avoir reçu une "demande d’approbation de la 1,3,7-triméthylxanthine (caféine) en tant que substance de base destinée à être utilisée dans la protection des végétaux comme insecticide pour les choux, les pommes de terre et le buis et comme molluscicide dans toutes les cultures comestibles et non-comestibles".
En conclusion de son rapport, la Commission annonçait qu’elle n’approuvait pas l’utilisation de la caféine à ces fins pour différentes raisons. "Selon la classification harmonisée de l’Union établie conformément au règlement (CE) no 1272/2008 du Parlement européen et du Conseil, la caféine est nocive pour l’homme en cas d’ingestion (toxicité aiguë de catégorie 4), rappelle l’organe de l’Union Européenne. En ce qui concerne la santé humaine, l’Autorité a également noté, sur la base de l’avis scientifique concernant la sécurité de la caféine établi par le groupe scientifique de l’EFSA sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies, que la caféine a des effets néfastes sur le système cardiovasculaire, l’hydratation et la température corporelle chez les adultes, ainsi que sur le système nerveux central (sommeil, anxiété, changement de comportement) chez les adultes et les enfants, et entraîne un résultat défavorable lié au poids à la naissance chez les femmes enceintes." Elle citait également des effets potentiels sur l’environnement.
Quelle dose de café peut-on consommer par jour ?
Dans un rapport paru en 2015, l’EFSA, en charge d’évaluer la sécurité des aliments dans l’Union Européenne, détaillait les quantités recommandées. Elle considère que des doses allant jusqu’à 400 mg par jour de caféine pure "ne soulèvent pas de problème de sécurité pour les adultes en bonne santé dans la population générale, à l'exception des femmes enceintes". Un expresso, selon le dosage qui peut varier, contient entre 60 et 80 mg de caféine.
"Les effets de la caféine diffèrent entre les individus en fonction : du patrimoine génétique, de l’état de santé, de co-expositions (tabac, alcool, certains médicaments et certains compléments alimentaires), rappelle l’Anses. Dans certaines maladies, la métabolisation de la caféine est ralentie (maladies hépatiques) et ses effets indésirables sont majorés (hypertension, maladies mentales, incontinences urinaire et fécale, ulcère, œsophagite, reflux gastro-œsophagien). Ces facteurs de variabilité des effets biologiques de la caféine complexifient l’analyse du risque de certains niveaux de consommation." En revanche, l’Agence nationale de sécurité sanitaire déconseille d’associer alcool et caféine. "Chez des personnes prédisposées, l’alcool a tendance à potentialiser les troubles du rythme cardiaque induits par la caféine", prévient-elle. Concernant les boissons énergisantes à base de caféine, l’Anses explique que cela peut aussi être un facteur de risque cardiaque chez certaines personnes. La caféine peut aussi réduire les capacités de régulation thermique du corps après un effort. De manière globale, l'organisme recommande de modérer la consommation de café pour limiter les risques pour la santé.


