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QUESTION D'ACTU

Santé mentale

Mais que fait votre cerveau pendant que vous méditez ?

Méditer ne signifie pas faire taire son cerveau, bien au contraire : une étude montre que la méditation active et complexifie l'activité cérébrale, jusqu'à atteindre un "point critique" idéal pour penser, apprendre et s'adapter.

Mais que fait votre cerveau pendant que vous méditez ? metamorworks / istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude révèle que la méditation complexifie l'activité cérébrale.
  • Elle rapproche le cerveau d'un état optimal de traitement de l'information.
  • Ces effets pourraient expliquer ses bienfaits sur le bien-être mental.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la méditation ne nous "viderait" pas la tête : une étude italo-canadienne révèle que notre cerveau devient en réalité plus actif, plus complexe et plus réactif pendant la pratique. La recherche, publiée dans la revue Neuroscience of Consciousness, offre un regard novateur sur les effets neurologiques de la méditation.

Un cerveau à l'équilibre entre ordre et chaos

Pour arriver à ce constat, les scientifiques ont observé douze moines bouddhistes aguerris à la méditation Samatha et Vipassana, deux approches issues du bouddhisme theravāda. Grâce à la magnétoencéphalographie (MEG), leur activité neuromagnétique a été enregistrée pendant les phases de repos et de méditation. Les données ont ensuite été analysées par des algorithmes d'intelligence artificielle pour identifier les différents états de conscience.

Selon Karim Jerbi, directeur de l'étude et professeur à l'Université de Montréal cité par Le Devoir, les deux formes de méditation augmentent la complexité de la dynamique cérébrale et rapprochent le cerveau de ce qu'on appelle le "point critique", "un état particulier dans lequel le cerveau va fonctionner à l’équilibre entre l’ordre et le chaos". Dans cet état, les neurones sont suffisamment stables pour transmettre efficacement les informations, mais assez flexibles pour réagir rapidement. "Cela permet au cerveau d’optimiser sa capacité de traitement de l’information, d’apprentissage et de réaction", précise le chercheur.

Des effets tangibles sur l’anxiété et les ruminations mentales

Les algorithmes ont même permis de distinguer les deux types de méditation : Vipassana, qui ouvre l'attention à l'ensemble des expériences du moment présent, se rapproche encore plus du point critique que Samatha, basée sur une focalisation unique, par exemple sur la respiration. "Il s'agit de deux exercices d'allocation de l'attention très différents", explique Karim Jerbi. En clair, Samatha entraîne l'attention à se stabiliser, tandis que Vipassana cultive une conscience ouverte.

Cette dynamique cérébrale "augmentée" pourrait expliquer les nombreux bénéfices santé rapportés par les adeptes de la méditation pleine conscience. "En renforçant la capacité à orienter volontairement son attention, la méditation favorise probablement une meilleure autorégulation des émotions", avance l'expert. Cela en ferait donc un outil prometteur pour lutter contre le stress, la dépression ou l'anxiété. Et de conclure : "La flexibilité cognitive qu'on peut gagner grâce à la méditation peut nous aider à sortir de ces pensées qui tournent en boucle, qu'on appelle ruminations."

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