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Avant l'âge de 5 ans

Mortalité infantile : 16 000 enfants meurent chaque jour

Par Julie Levallois

Trop d'enfants meurent avant leur 5e anniversaire. Malgré une évolution positive depuis 1990, l'objectif de réduire de deux tiers la mortalité des enfants n'a pas été atteint.

Thoko Chikondi/AP/SIPA
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Le progrès a été spectaculaire, mais il reste insuffisant. Réduire de deux tiers la mortalité des enfants de moins de 5 ans, c’est un des Objectifs du Millénaire fixés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L’échéance arrive à son terme, et les deux tiers des pays ont échoué, d’après le bilan que dressent l’UNICEF, l’OMS et le Groupe de la Banque Mondiale. Mais cet échec apparent cache une belle réussite : 74 pays ont réduit la mortalité des enfants de moitié.

« Redoubler d’efforts »

Par rapport à 1990, le taux de mortalité des enfants a baissé de moitié et passe sous la barre des 6 millions. Mais 16 000 enfants de moins de 5 ans meurent encore chaque jour. Du côté des réussites, l’Afrique subsaharienne se distingue : Erythrée, Ethiopie, Libéria, Madagascar, Malawi, Mozambique, Niger, Ouganda, Rwanda et Tanzanie sont parvenus à atteindre l’Objectif du Millénaire.

« Nous devons reconnaître que des progrès considérables ont eu lieu dans le monde, notamment depuis 2000, de nombreux pays ayant triplé leur taux de réduction de la mortalité des moins de 5 ans, admet Geeta Rao Gupta, Directrice générale adjointe de l’UNICEF. Mais le nombre trop élevé d’enfants qui meurent encore de causes évitables avant leur cinquième anniversaire, et même au cours de leur premier mois de vie, doit nous inciter à redoubler d’efforts pour prendre les mesures nécessaires. Nous ne pouvons les ignorer davantage. »

Le problème persistant de la sous-nutrition

La période entourant la naissance reste au cœur du problème. 45 % des décès surviennent dans les 28 jours suivant l’accouchement. Parmi eux, un million ont lieu le jour de la naissance. Et les principales causes sont évitables : prématurité, pneumonie, infections, paludisme… La moitié des décès sont ainsi liés à la sous-nutrition.

« Nous savons comment réduire la mortalité néonatale infantile évitable, souligne Dr Flavia Bustreo, Sous-Directrice générale à l’OMS. Des soins de qualité au moment de la naissance, avec des mesures simples et accessibles comme le contact peau à peau précoce, l’allaitement au sein exclusivement et des soins supplémentaires pour les bébés de petite taille et les bébés malades peuvent sauver des milliers de vies chaque année. »

D’après l’OMS, l’effort doit se concentrer sur les régions où la situation est la plus critique : Afrique subsaharienne, et Asie du Sud. Car selon la région de naissance, les chances de survie varient fortement : l’Afrique subsaharienne possède le plus fort taux de mortalité infantile de la planète, avec un enfant sur 12 qui décède avant son 5e anniversaire. C’est 12 fois plus que la moyenne mondiale.