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Démangeaison, prurit : une démarche hiérarchisée permet de trouver la cause
Démangeaison, prurit : une démarche hiérarchisée permet de trouver la cause
Publié le 24.04.2019
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Démangeaison, prurit : une démarche hiérarchisée permet de trouver la cause
©123RF-anetlanda

Le « prurit » est une sensation de démangeaisons de la peau (ou des muqueuses) qui déclenche le besoin de se gratter. Il peut être en rapport avec des lésions de la peau ou du cuir chevelu ou exister en l’absence de toute lésion : c’est le prurit « sine materia ».

Démangeaison, prurit : QUE FAIRE ?

Que peut-on faire en cas de démangeaisons ?

Il est important de toujours maintenir une bonne humidification de l’air dans les appartements et les chambres.
Il faut éviter les facteurs aggravants et, en particulier, les facteurs irritants (antiseptiques alcooliques qui peuvent eux-mêmes induire des eczémas de contact), les dermocorticoïdes, les savons parfumés ou acides, le contact avec la laine ou les vêtements trop serrés.
Couper ses ongles courts permet de réduire les lésions de grattage.
Les émollients (Cold cream…) et les savons surgras sont les plus efficaces pour traiter la sécheresse cutanée.

Comment prendre en charge des démangeaisons ?

• Le traitement de la cause est le premier traitement et doit être privilégié en cas de prurit : traiter la dermatose, la polyglobulie, la maladie de Hodgkin…
• Il faut arrêter certains médicaments suspects qui ne pourront être interrompus ou remplacés qu’après accord du médecin.
• Les dermocorticoïdes sont utiles en cas de lésions provoquées par le grattage, mais ne servent à rien en cas de prurit isolé.
• Les antihistaminiques ne sont pas des traitements qui soulagent réellement le prurit, mais deux anti-histamines anti-H1 anciens, l’hydroxyzine et la doxépine, pris le soir, peuvent réduire l’impact du prurit sur le sommeil, essentiellement du fait de leur action psychotrope associée à l’action antihistaminique. Il faut savoir qu’ils ont un effet placebo non-négligeable.
• Les traitements locaux (« topiques »), ont aussi leur intérêt :
Les émollients en particulier sont toujours utiles car la peau sèche favorise le prurit et ils permettent de reconstituer la couche cornée superficielle de la peau.
Les traitements locaux dits « antiprurigineux » calment aussi les démangeaisons et permettraient de rompre le « cercle vicieux prurit-grattage », en faisant remplacer aux malades le geste de grattage, qui agresse la peau et augmente le prurit, par le geste de l'application du topique.
• En cas de cholestase hépatique, la cholestyramine ou la rifampicine peuvent être utiles.
• D’autres moyens peuvent être discutés avec le dermatologue : photothérapie (Puvathérapie) qui détruit transitoirement les terminaisons nerveuses libres, relaxation...
• Les psychotropes, en utilisation hors-autorisation de mise sur le marché, pourraient agir plus haut dans le système nerveux de transmission du message « prurit ». Ils peuvent avoir un intérêt mais seulement au cours d’une prise en charge spécialisée et multidisciplinaire des prurits rebelles : naltrexone (habituellement utilisée dans l’alcoolisme chronique), des antiépileptiques comme la prégabaline et la gabapentine, et certains neuroleptiques, antidépresseurs ou anxiolytiques, qui agissent également sur la composante anxio-dépressive de la souffrance générée par un prurit chronique intense.
Plusieurs voies de recherche semblent prometteuses : récepteurs PAR2 ou récepteurs TPRV1des fibres nerveuses cutanées, dont les médiateurs joueraient un rôle encore plus important que l'histamine dans le prurit.

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