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Mammographie

Les implants mammaires suspectés de retarder la détection du cancer du sein

Par Bruno Martrette

Selon une étude canadienne, la présence d'implants mammaires entraînerait un dépistage plus tardif du cancer du sein. La conséquence, un risque accru de mortalité chez les femmes atteintes de ce cancer.

DURAND FLORENCE/SIPA

Après l'affaire « PIP », les prothèses mammaires vont-elles être à nouveau au coeur de la tourmente ? C'est ce que semblent suggérer les conclusions d'une étude révélant que la présence d'implants mammaires entraînerait un dépistage plus tardif du cancer du sein et pourrait avoir un impact sur la survie des femmes atteintes de ce cancer. Publiée ce mercredi 1er mai dans le très célèbre British Medical Journal (BMJ), cette découverte est une première.

 

Pour arriver à ce résultat, les auteurs de la méta-analyse ont combiné les conclusions de 12 études effectuées principalement aux Etats-Unis et au Canada sur des femmes atteintes d'un cancer du sein. Et ce qu'ils ont découvert est pour le moins suprenant. Les scientifiques canadiens ont en effet conclu que les femmes porteuses de prothèses mammaires avaient un risque accru de 26% de faire l'objet d'un diagnostic tardif de leur cancer du sein. Parmi les explications avancées, les chercheurs considèrent que les implants, qu'ils soient en silicone ou remplis de solution saline, peuvent gêner l'interprétation des clichés mammographiques parce qu'ils sont souvent radio-opaques. Conclusion, ce manque de visibilité entraînerait parfois la possibilité de faux résultats négatifs. Et ce diagnostic faussé pour ces femmes n'est pas sans conséquences. Car, les auteurs concluent également que les femmes porteuses de prothèses mammaires ont un risque de mourir supérieur de 38% à celui encouru par des femmes non porteuses d'implants. Il faut toutefois souligner que ce second résultat n'est basé que sur cinq des 12 études retenues. C'est pourquoi les chercheurs restent encore très prudents, quant à leurs résultats, relevant l'existence de biais dans certains des travaux retenus.

 

Pourtant, malgré les limites de leur analyse, ces chercheurs relèvent que « les indices s'accumulent », même si « de nouvelles études seront nécessaires pour déterminer les effets à long terme» sur la survie après un cancer du sein ou sur le retard au diagnostic. En attendant, les chercheurs font déjà l'état d'une solution qui pourrait être plus performante que la mammographie en évoquant le possible recours à des examens par Imagerie par résonance magnétique(IRM). « Même si l'efficacité de cette méthode reste encore à démontrer », précisent-ils. En revanche, que les femmes se rassurent : aucune étude n'a démontré à ce jour une augmentation du risque de développer un cancer du sein chez les porteuses de prothèses mammaires.