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QUESTION D'ACTU

Malgré les surdiagnostics

Le bénéfice du dépistage organisé du cancer du sein démontré

Le dépistage organisé réduit la mortalité des femmes de 20 %, mais induit un surdiagnostic de 11%, selon une synthèse d'études internationales Pour les experts, la balance penche en faveur de la mammographie.

Le bénéfice du dépistage organisé du cancer du sein démontré Manifestation à Paris en faveur de la lutte contre le cancer du sein (EVGI/SIPA)

  • Publié 01.11.2012 à 08h00
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C’est la fin d’Octobre rose, la campagne d’information sur le dépistage organisé du cancer du sein. Cette édition avait débuté par une polémique sur le surdiagnostic (1) entraîné par la mammographie. De nouveaux résultats, publiés dans la revue internationale Lancet viennent alimenter le débat.
Un comité d’experts indépendants mandaté par l’institut du cancer britannique a procédé à une nouvelle analyse d’une douzaine d’études européennes et américaines.« Premièrement, le dépistage organisé sauve des vies », rappelle le Pr Michael Marmot de l’université de Londres qui dirigeait le panel d’experts. Ils concluent à une réduction de 20% de la mortalité chez les femmes invitées à participer à un programme de dépistage organisé par rapport aux femmes qui n’ont pas bénéficié de ce dépistage.


Dr Daniel Serin
, oncologue à l’Institut Sainte Catherine à Avignon, « Ils confirment une chose qui fait plaisir après la polémique, c’est que le dépistage sauve des vies. »
 


Quant au surdiagnostic, pour le comité, les données les plus fiables proviennent de trois essais dans lesquels un dépistage n'a pas été proposé aux femmes du groupe témoin à l'issue de l'essai. Les femmes incluses ont été suivies environ six ans après la fin de l'étude. Et l’analyse de ces trois essais suggère que la probabilité qu'un cancer diagnostiqué pendant la période de dépistage soit un surdiagnostic, serait de 11%.

Le plus intéressant c’est que les auteurs ont évalué l’impact de ces chiffres sur le programme de dépistage britannique qui depuis 1998 invite les femmes de 50 à 70 ans à se faire dépister tous les trois ans. Résultat : pour 10.000 femmes britanniques de 50 ans invitées à se faire dépister pendant 20 ans, 43 décès par cancer du sein seraient évités et 129 cancers seraient surdiagnostiqués. Ce qui correspond à un décès évité pour environ trois cancers surdiagnostiqués traités.
Pour Daniel Serin, il est important sur le plan éthique de communiquer ces chiffres auprès des femmes, mais pour lui, la seule solution au problème, c’est de développer des outils qui permettent d’affiner le diagnostic, comme des marqueurs qui prédiraient si la tumeur sera ou non agressive à plus ou moins long terme. « C’est un travail qui a été commencé par l’Institut national du cancer ».


Ecouter Dr Daniel Serin
, « L’Inca a généré des études et de la recherche pour faire face à ses 11% de surdiagnostic. »
 


Pour le comité dirigé par le Pr Michael Marmot, le dépistage permet d’allonger la durée de vie, et il souligne que les "bénéfices l'emportent sur les inconvénients". Cependant, en raison des incertitudes entourant ces estimations, le comité recommande de conduire de nouvelles recherches pour "définir de manière plus précise les bénéfices et les inconvénients". "Pour chaque femme, le choix est clair, ajoutent les experts. D'un côté, le dépistage entraîne une réduction de la mortalité par cancer du sein en raison de la détection et du traitement précoces. De l'autre, la femme sait qu'elle court le risque d'avoir un diagnostic et un traitement pour un cancer qui n'aurait jamais posé de problème s'il n'avait pas été dépisté".


(1) On parle de surdiagnostic lorsque l’examen de dépistage, ici la mammographie, permet de détecter une petite lésion cancéreuse, qui n'aurait pas évolué en maladie du vivant du patient.

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