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Cosmétiques: les parabènes remplacés par un allergisant

Le conservateur utilisé en substitution des parabènes provoque de fortes allergies, s’inquiètent les dermatologues réunis en congrès à Paris. Personne n'est à l'abri d'une réaction.

Cosmétiques: les parabènes remplacés par un allergisant Featur/REX/SIPA

  • Publié 11.12.2012 à 17h33
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De la crème solaire au shampooing en passant par les lingettes nettoyantes et le liquide vaisselle, les parabènes étaient utilisés comme conservateurs dans toutes sortes de produits du quotidien, principalement pour empêcher le développement de bactéries ou de moisissures. Depuis qu’ils sont accusés d'être des perturbateurs endocriniens, c'est-à-dire de nuire à notre système reproducteur, la mention « sans parabènes » a fleuri sur nos cosmétiques comme un argument marketing supplémentaire.

Mais ils ont été remplacés par un autre conservateur : la méthylisothiazolinone, qui s’avère hautement allergisant. « Nous voyons de plus en plus de patients avec un eczéma de contact sur les mains ou le visage, explique le Pr Annick Barbaud, responsable de l’unité de dermato-allergologie du CHU de Nancy. Ce produit est si volatil que certaines personnes souffrent de gêne respiratoire simplement lorsqu’ils sont dans une pièce dont le sol a été lavé avec un nettoyant à la méthylisothiazolinone. »
A l’occasion des Journées dermatologiques de Paris, qui réunissent les dermatologues français jusqu’à samedi, cette dermato-allergologue animera un atelier de formation consacré à ces allergies cutanées en augmentation.


Allergie ou bactéries ?

« En supprimant les parabènes, les industriels sont revenus à un conservateur utilisé il y a 20 ans : la méthylisothiazolinone. Mais les concentrations ont été augmentées pour renforcer l’effet antibactérien. Résultat, l’effet allergisant est lui-aussi démultiplié », souligne Annick Barbaud. Faut-il alors abaisser les concentrations maximales de conservateur autorisées ? « Oui, bien sûr mais l’effet antibactérien ne sera pas suffisant et les industriels trouveront alors un autre conservateur probablement aussi allergisant », se résigne la spécialiste.

 

Se passer de conservateur paraît délicat. Il faudrait mettre ses cosmétiques au frigo et jeter les tubes au bout de 10 jours sous peine d’infection bactérienne. L’industrie cosmétique travaille donc à d’autres alternatives, notamment la diminution de la teneur en eau, qui favorise la prolifération des bactéries et des moisissures. La stérilisation UHT comme pour les briques de lait est également envisagée.
« Il y a aussi des pistes via le packaging avec des systèmes de filtres ou de poche qui se rétracte au fur et à mesure pour empêcher tout contact entre le produit et les microbes contenus dans l’air », évoque la dermatologue.

 

En attendant que les industriels aient identifié des alternatives aux conservateurs, aucun d’entre nous n’est à l’abri d’une allergie de contact. « Il n’y a pas de profil à risque ou de prédisposition génétique. Les personnes ayant d’autres allergies ou de l’asthme ne sont pas plus ni moins exposées que les autres », note le Pr Annick Barbaud. Ni le sexe, ni l’âge, ni la sensibilité ou la sécheresse de la peau ne permettent de prévoir l’apparition de l’eczéma.
En revanche, si l’exposition au produit allergisant n’est pas trop prolongée, l’eczéma peut être traité facilement et disparaître rapidement. Faudra-t-il alors bientôt remplacer la mention « sans parabènes » par un numéro vert de dermato-allergologie ?

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