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Gilles Lazimi, médecin généraliste

Violence faites aux femmes : le rôle essentiel des référents

ENTRETIEN - Le ministère de la Santé a lancé la formation de 539 référents "violences". Ils auront pour rôle d'améliorer la prise en charge les femmes victimes de violence.

Violence faites aux femmes : le rôle essentiel des référents lofilolo/epictura

  • Publié 28.06.2016 à 07h40
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539 médecins venus de toute la France se sont rassemblés ce 27 juin dans les locaux du ministère de la Santé, à Paris. Tous se sont déplacés en leur qualité de référent « violences » au sein de leur service d’urgence.
Un quart des femmes victimes de violences physiques se tournent en premier lieu vers un médecin. Seule une minorité décide de porter plainte, mais la prise en charge reste essentielle, bien que défaillante.

Le poste de référent au service d’urgence, créé dans le cadre du plan de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes, a pour but d’améliorer les compétences de ces professionnels de santé. Toute la journée, ils ont suivi une formation dispensée par la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF). Au rang des témoins extérieurs, Gilles Lazimi, médecin généraliste à Romainville (Seine-Saint-Denis) et membre du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Quel sera le rôle de ces référents ?

Gilles Lazimi : La journée avait pour but d’échanger afin qu’ils puissent repartir dans leurs hôpitaux respectifs. Ils y feront un état des lieux, verront quels partenaires et confrères sensibiliser. Leur travail consistera aussi à mettre en place des protocoles et tout faire pour accueillir les victimes en apprenant comment les repérer, les accompagner et les orienter vers le réseau qu’ils auront créé.

Ecoutez...


En quoi consistait cette journée de formation ?

Gilles Lazimi : Des vidéos ont été projetées aux référents, des livrets et un guide sur l’accueil des victimes dans les urgences leur ont été distribués ainsi qu’un guide de bonnes pratiques. Nous avons profité d’exemples pratiques, où les patientes ne se présentent pas comme victimes. La question est alors de savoir quand les interroger.
Je suis persuadé que les médecins présents ont pensé aux patientes qu’ils avaient vues et qui n’étaient pas dépistées. On a aussi vu comment mettre en place le réseau pour mieux travailler. Ce n’est pas juste un problème médical, il a aussi un aspect social et judiciaire. Les associations doivent être intégrées.

Quel est votre bilan de cette journée ?

Gilles Lazimi : Il est positif, mais des moyens doivent être délivrés pour que les personnels aient le temps d’agir. Le bilan restera positif si on continue à former, si on donne les moyens aux hôpitaux, si on poursuit l’enseignement en faculté et auprès des professionnels de ville. Nous aurons besoin pour cela d’une implication forte du ministère, parce qu’il faut le temps de s’approprier ces outils.

L’exemple du réseau mis en place à Angers est magnifique : ils ont regroupé du personnel de plusieurs services. Le lien a été étendu vers l’ensemble des structures municipales, départementales, régionales, associatives et judiciaires. Des réunions régulières de formation et de discussion devraient améliorer la prise en charge.

Ecoutez...


Ces outils seront déployés dans quel délai ?

Gilles Lazimi : Ces personnes doivent rejoindre leur hôpital, faire un état des lieux et des personnes intéressées, mettre en place des outils informatiques, organiser des réunions… Cela va prendre du temps mais ce temps est nécessaire. Toute une pratique doit être mise en place, ainsi que des protocoles propres à chaque hôpital.

Je pense qu’au retour, ils seront motivés. De nombreux outils leur ont été donnés. Ils pourront prodiguer eux-mêmes la formation au personnel, aux internes, aux autres médecins. Ces référents seront la meilleure personne pour impulser une dynamique et accueillir les victimes. Ils pourront guider les victimes à l’hôpital et les orienter vers les bons interlocuteurs, y compris associatifs.

Quelles sont les avancées à prévoir ?

Gilles Lazimi : Il faudra encore parler des prélèvements, afin qu’on puisse les réaliser, les conserver et les placer sous scellé. Globalement, il s’agit d’améliorer l’accueil et le repérage des femmes victimes. C’est pour cela que le lien avec la ville a aussi été évoqué. Les services d’urgence voient arriver des patientes qu’ils dirigent vers l’hospitalisation ou la ville. Les médecins généralistes forment donc un maillon essentiel. On ne peut rien faire seul, que ce soit l’hôpital ou un généraliste. Il faut aussi intégrer les travailleurs sociaux, régler les problèmes de justice.

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