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Essai GSK de phase I

Ebola : un vaccin sans danger bientôt testé chez l'homme

Par Julian Prial

Un nouvel essai clinique sur le vaccin de GSK contre Ebola confirme qu'il est sans danger et déclenche bien une réaction immunitaire. D'autres chercheurs s'inquiètent de la mutation du virus.

DESSONS/JDD/SIPA

L'épidémie d'Ebola « ralentit mais n'est pas encore endiguée », a averti ce jeudi David Nabarro, le coordinateur spécial de l'ONU pour la lutte contre cette fièvre hémorragique, à la veille d'un sommet de l'Union africaine qui abordera le sujet. Et pour réussir à venir à bout du virus, les chercheurs travaillent sans relâche. Avec des succès à la clé.

Le vaccin de GSK sans danger
Un nouvel essai clinique de phase I (1) sur un vaccin expérimental contre Ebola développé par GlaxoSmithKline et l'Institut américain des maladies infectieuses a confirmé que le produit était sans danger (innocuité). « Les 60 volontaires en bonne santé (Royaume-Uni)  sur qui l'on a testé le vaccin entre septembre et novembre à Oxford l'ont bien toléré. Le produit a bien déclenché, aux différentes doses testées, des réponses du système immunitaire », précisent les chercheurs.
« Nous n'avons identifié de problème de sécurité avec aucune des doses utilisées », concluent ces médecins qui ont publié leurs résultats ce mercredi dans la revue New England Journal of Medicine (NEJM).


Bientôt des essais sur des populations à risque

Des données encourageantes puisque le vaccin « ChAd3 » de GSK est censé lutter contre la souche Zaïre du virus Ebola, responsable de l'épidémie actuelle en Afrique de l'Ouest.
Les Etats-Unis, en collaboration avec le gouvernement libérien, vont prochainement démarrer les phases II (2) et III (3) de cet essai clinique au Liberia. Des doses seront injectées à un plus grand nombre de personnes présentant des risques d'être infectées par la fièvre hémorragique parmi lesquelles les personnels soignants et travaillant dans les pompes funèbres.


Un virus muté peut devenir plus contagieux

Seul ombre au tableau aujourd'hui concernant l'épidémie d'Ebola, les propos à la BBC de scientifiques travaillant en Guinée qui ont déclaré que le virus avait muté depuis la découverte des premiers cas en mars 2014.
Parmi eux, le Dr Anavaj Sakuntabhai de l'Institut Pasteur affirme : « jusqu'à présent, il n’a pas été possible de déterminer de manière exacte comment le virus a muté. » Elle poursuit : « Nous devons savoir comment le virus a changé pour être à jour face à cet ennemi. » Il ne s’agit toutefois pas d’un cas unique. Comme la plupart des virus à ARN, notamment celui de la grippe, la fièvre hémorragique Ebola a un taux élevé de mutation. Cela signifie que le virus peut s’adapter et potentiellement devenir plus contagieux », a-t-elle conclu.
Une étude similaire réalisée en Sierra Leone a montré que le virus Ebola avait muté considérablement dans les 24 premiers jours de l'épidémie, selon l'Organisation mondiale de la santé.

Au total, l'épidémie d'Ebola qui a démarré début  2014 a fait quelque 8 600 morts sur 22 000 cas recensés. Les trois pays les plus touchés sont le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée, selon un bilan de l'OMS arrêté au 17 janvier. La transmission est d'ailleurs « toujours active dans les capitales de ces trois pays (Conakry, Freetown et Monrovia) », d'après un bilan de l'InVS publié ce jeudi. Il n'existe pour l'heure aucun vaccin.


(1) A ce stade, les essais sont menés principalement sur un nombre limité de sujets sains, sous strict contrôle médical. La molécule est testée sur une courte période. L'objectif est d'évaluer la sécurité d'emploi du produit, son devenir dans l'organisme, son seuil de tolérance ainsi que les effets indésirables.

(2) Les essais sont réalisés sur un plus grand nombre de patients. Leur objectif est de tester l'efficacité du produit et de déterminer la dose optimale (posologie).

(3) Essais menés sur de larges populations de patients.