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QUESTION D'ACTU

Etude britannique

Un obèse sur dix reconnaît avoir un problème de poids

Un grand nombre de britanniques refusent d'admettre leur obésité. Un phénomène inquiétant quand on sait que l'excès de poids augmente fortement la susceptibilté de cancer.

Un obèse sur dix reconnaît avoir un problème de poids ANGOT/SIPA

  • Publié 16.11.2014 à 17h12
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Fish and chips, scones, pudding. Les Anglais ne sont pas vraiment réputés pour leur sens raffiné de la gastronomie. Et bien que ce ne soit pas le seul facteur, ces mauvaises habitudes alimentaires semblent avoir une répercussion alarmante sur la santé des britanniques. En effet, le taux d’obésité et de surpoids ne cesse d’augmenter aux Royaume-Uni. Et la majorité des personnes concernées sont dans le déni, selon une étude de l’Institut britannique du cancer, publiée dans le BMJ Open.



Seuls 9 % reconnaissent leur obésité

Dirigée par le Pr Jane Wardle, cette étude est l’une des premières à souligner et analyser la perception que les britanniques se font (ou ne se font pas) de leur propre obésité. « C’est un réel problème que les gens ne reconnaissent pas que leur poids les classe dans la catégorie des obèses, car ils ne sont pas conscients qu’ils s’exposent à des risques accrus de développer un cancer », déplore le Pr Wardle.
Selon l’étude, à peine 10 % des obèses reconnaissent avoir un problème de poids. Une autre étude réalisée en 2012 sur 2000 adultes a révélé que seulement 11 % des femmes britanniques acceptent leur obésité. Les autres se décrivent comme en surpoids ou juste à la limite. Ce pourcentage est encore plus faible chez les hommes : 7 % admettent qu’ils sont obèses ou en surpoids. Par ailleurs, environ 10 % des adultes sondés connaissent le seuil de l’indice de masse corporelle (IMC), qui correspond à l’obésité.

Des campagnes de prévention inefficaces
Selon les chercheurs, ce phénomène s’explique plus par la standardisation des grandes tailles, qui a pour effet de déculpabiliser les gens sur leur poids et leur font penser qu’ils sont normaux. « Et, ce, en dépit du nombre accru des campagnes publiques de santé et de prévention contre l’obésité », précise l'auteur de l'étude.
Mais le regard de la société face à l’obésité semble surpasser la préoccupation pour la santé. « Dire à quelqu’un qu’il est obèse est considéré comme une offense, notamment parce que les médias de masse ont tendance à présenter l’obésité d’une manière négative par le biais d’images peu flatteuses. Ce qui véhicule un sentiment de honte, et qui inévitablement conduit au déni », analysent les chercheurs.
Et le terme de « surpoids » serait tout aussi mal accepté que celui d’ « obésité ». «  C’est un réel problème, car cela signifie que ces gens ne s’identifient pas dans ces campagnes et par conséquent ne sont pas réceptifs aux messages des campagnes puisqu’ils considèrent que cela ne s’adresse pas à eux. Nous devons donc améliorer notre stratégie et trouver de nouveaux moyens de cibler et atteindre ces personnes », concluent les spécialistes.

41 % des cancers de l’utérus liés au surpoids et à l’obésité
Chaque année, environ 18 000 cas de cancer sont liés à l’obésité ou au surpoids. L’excès de poids est connu pour déclencher de nombreux cancers : sein, pancréas, œsophage, rein, utérus. En août dernier, des chercheurs britanniques ont réalisé une vaste étude sur plus de 5 millions britanniques. Chaque augmentation de poids de 5 kg/m2 était liée à une augmentation du cancer de l’utérus (62%), de la vésicule biliaire (31%), des reins (25%) ou encore de la thyroïde (9%).
Si l’obésité continue d’augmenter, les chercheurs ont évalué qu’il pourrait y avoir plus de 3 500 cas de nouveaux cancers chaque année au Royaume-Uni. Autre chiffre qui fait froid dans le dos : le surpoids et l'obésité pourraient être tenus responsables de près de la moitié des cancers de l'utérus (41%).

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