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QUESTION D'ACTU

Du 24 au 31 décembre

Grève des médecins libéraux : les raisons de la colère

Trois syndicats ont récemment appelé les généralistes à fermer leur cabinet à Noël. Ils entendent protester contre le projet de loi santé. Un cri de colère qui s'étend désormais à tous les médecins libéraux.

Grève des médecins libéraux : les raisons de la colère DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 05.11.2014 à 14h36
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Après les syndicats de généralistes, ce sont à présent ceux représentant l'ensemble de la médecine libérale qui appellent les médecins à fermer les cabinets du 24 au 31 décembre. Ces spécialistes entendent aussi protester contre le projet de loi santé de Marisol Touraine qui viendra en discussion au Parlement en janvier prochain. Contacté par pourquoidocteur, le Dr Jean-Paul Ortiz, président du premier syndicat de médecins  libéraux (CSMF), nous explique les raisons d'une colère.


Tiers payant généralisé : un point de blocage

« Nous sommes aujourd'hui dans une situation où le corps médical libéral est excédé par les projets de loi et par ce qui est en train de lui arriver. La loi de santé, le harcèlement administratif, la valeur des actes, etc... tout cela concourt à une situation extrêmement explosive  chez les médecins », confie Jean-Paul Ortiz.
« Nous donnons deux mois au gouvernement pour ouvrir des négociations et changer de cap. Il faut mettre la médecine libérale à sa juste place. Et la considérer où elle devrait être. Si nous n'avons pas avancé sur ces sujets, il y aura un mouvement de grève extrêmement massif », avertit ce néphrologue exerçant près de Perpignan (Cabestany).
Parmi les motifs de la colère, le tiers payant généralisé à tous les Français, qui doit être adopté prochainement à l'Assemblée. Censé entrer en vigeur en 2017, ce médecin qualifie la mesure de « dogmatique, coûteuse, inutile et techniquement très complexe. » Pour lui, prétendre qu'il s'agit d'une mesure pour un meilleur accès aux soins des plus démunis est un « faux débat. » 

Ecoutez le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF : « Les populations les plus défavorisées (CMU, CMU-C, ACS, AME) ont déjà un tiers payant intégral. »


Prescriptions encadrées : un appel à la désobéissance
Autre point de discorde, l'entrée en vigueur du dispositif d’entente préalable pour certains hypocholestérolémiants. En effet, depuis le 1er novembre 2014, toute prescription de rosuvastatine (Crestor®), de l'ézétimibe seul (Ezetrol®) ou de l'ézétimibe en association avec la simvastatine (Inegy®, Vytorin®) doit faire l’objet d’une demande d’entente préalable par le prescripteur en initiation de traitement.

En pratique, c'est au médecin qu'il revient de faire la demande d'accord préalable pour que les patients puissent bénéficier de la prise en charge de ces médicaments. Celui-ci peut faire cette démarche en ligne (ameli.fr) sur son compte professionnel de santé sécurisé. A défaut, il peut remplir un formulaire qu'il adressera par courrier au service du contrôle médical de la Cpam de l'assuré.
Pour le Dr Jean-Paul Ortiz, « il y en a marre de mettre en place des mesures bureaucratiques et technocratiques qui portent atteinte à la liberté de prescription. J'appelle les médecins à continuer à utiliser l'ensemble des médicaments qu'ils ont à leur disposition en respectant les recommandations de la Haute Autorité de Santé, et tout particulièrement pour les hypocholestérolémiants. » 

Ecoutez le Dr Jean-Paul Ortiz : « On incrimine les médecins sur tout. Par exemple, sur un taux d'indemnités journalières ou sur un taux de médicaments non substituables. Cela sur un délit statistique. On aboutit à des choses risibles. »


Vers une médecine low-cost
Pour conclure, le Dr Jean-Paul Ortiz demande que le médecine libérale soit respectée, « et qu'on en tienne compte dans l'organisation du système de santé. »  « La loi de santé de la ministre va à l'inverse puisqu'elle centre tout sur l'hôpital », pense-t-il.
Selon lui, cela passe notamment par une revalorisation à sa juste valeur financière de la profession, mais aussi par une formation continue de qualité, « dans le cadre d'un véritable DPC que l'état doit financer. » « Sans ça, on se tourne de plus en plus vers une médecine "low cost" », conclut-il. 

Ecoutez le Dr Jean-Paul Ortiz : « Aujourd'hui, la valeur des actes est déconnectée du service rendu à la population. Il faut travailler dessus de façon urgente. »





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