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Né avant 32 semaines de grossesse

Prématurité : un couple dénonce l'acharnement thérapeutique sur leur bébé

Par Audrey Vaugrente

Titouan est un grand prématuré. Né presque 4 mois trop tôt, il a été victime d'une hémorragie cérébrale et exige une assistance lourde. Ses parents ont demandé que les soins soient interrompu.

Un bébé grand prématuré (Lori Ann Cook-Neisler/AP/SIPA)

Il pèse à peine 900 grammes et a fait une hémorragie cérébrale peu après sa naissance. Le petit Titouan, né le 31 août dernier à l’hôpital de Saintes (Charente-Maritime), est un grand prématuré. Depuis sa naissance, il est sous respirateur artificiel et perfusion et gardera certainement des séquelles de son hémorragie. La mère de Titouan, Mélanie, a demandé aux médecins d’interrompre les soins, qu’elle qualifie d’« acharnement thérapeutique. » Mais le doute subsiste sur l’importance des séquelles que subira le nourrisson.

 

Qu’est-ce que la grande prématurité ?

Un grand prématuré, comme le petit Titouan, est un nourrisson né bien avant le terme de la grossesse, soit entre 22 et 32 semaines d’aménorrhée. En France, 10 000 naissances correspondent à cette définition chaque année, soit un prématuré sur cinq. Ces événements sont de moins en moins rares : en 2003, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a observé une hausse du taux de grande prématurité, qui s’établit à 10-18 %.

 

Quelles sont ses causes ?

La naissance prématurée survient de manière spontanée dans 60 % des cas. C'est ce qui est survenu lors de la naissance de Titouan. Le plus souvent, elle se déclenche autour du cinquième ou sixième mois de grossesse, parfois à cause d’un environnement infectieux ou d’une rupture prématurée de la poche des eaux. Plusieurs facteurs favorisent un accouchement prématuré. Ils peuvent être dus au(x) foetus (grossesse multiple, malformations, retard de croissance), à la mère (infection, diabète…), mais aussi au placenta. Le mode de vie, notamment le tabagisme, ou l’âge de la mère favorisent aussi un déclenchement précoce du travail.

Dans 40 % des cas, les médecins provoquent un accouchement prématuré, quand le pronostic vital de la mère ou l’enfant est menacé.

 

Quel impact sur le nouveau-né ?

Lorsque la naissance survient prématurément, le foetus n’est pas totalement développé. Chez les grands prématurés, c’est encore plus vrai : les risques de séquelle sont quatre fois plus importants que chez les enfants nés à terme. Le plus souvent, leurs poumons sont encore immatures, et les nourrissons ont besoin d’une assistance respiratoire. Les grands prématurés peuvent aussi présenter une immaturité de la fonction digestive, du rythme cardio-respiratoire, du foie, des reins et du système nerveux central.

En France, sur les 10 000 grands prématurés qui naissent chaque année, 800 à 1 000 présentent une déficience motrice. Les séquelles neurologiques sont aussi fréquentes : 2 % des enfants nés avant terme souffrent de déficience visuelle, 1 % de troubles auditifs. A 5 ans, 12 % d’entre eux ont également du retard sur le plan intellectuel.

 

Ce sont justement ces risques de séquelles qui motivent les parents de Titouan à réclamer l’arrêt du traitement. Les soignants, eux, veulent laisser une chance à l’enfant et ont suivi la procédure. Pour régler la situation, l’hôpital de Saintes a fait appel au comité éthique de l’hôpital de Clamart (Hauts-de-Seine), dont la décision devrait être connue aujourd’hui.