• CONTACT

QUESTION D'ACTU

Oncologie

Antécédents familiaux de cancer du sein : les modèles de risque sont-ils fiables ?

Selon une nouvelle étude, les modèles statistiques utilisés pour estimer le risque de cancer du sein chez les femmes ayant des antécédents familiaux ont encore d'importantes limites.

Antécédents familiaux de cancer du sein : les modèles de risque sont-ils fiables ? peakSTOCK/iStock




L'ESSENTIEL
  • Les modèles de risque sont utilisés par les médecins pour mesurer la probabilité qu’a une patiente de développer un cancer du sein quand plusieurs membres de sa famille en ont déjà eu.
  • Plusieurs modèles de risque existent et, dans une nouvelle étude, des chercheurs ont voulu déterminer leur degré d’efficacité.
  • Résultats : ces modèles restent utiles, mais ils doivent encore être améliorés pour être vraiment efficaces.

5 à 10 % des cancers du sein sont héréditaires, selon l'Institut national du cancer (INCa). Dans ce cas, la maladie est attribuable à une anomalie génétique qui peut se transmettre d’une génération à une autre. Ainsi, lorsque plusieurs membres d’une famille ont déjà eu un cancer du sein, les médecins préfèrent anticiper en évaluant la probabilité qu’a une patiente de développer la maladie. Pour cela, ils utilisent des modèles de risque, qui s’appuient sur des statistiques.

Évaluer la fiabilité des modèles de risque du cancer du sein

Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue Cochrane Database of Systematic Reviews, des chercheurs ont voulu mesurer la fiabilité des modèles de risque couramment utilisés par les professionnels de santé. Leurs résultats ont été présentés lors du congrès annuel de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO), qui se tient jusqu’au 2 juin à Chicago, aux États-Unis.

Les scientifiques ont analysé 45 études portant sur des modèles de risque de cancer du sein chez les femmes ayant des antécédents familiaux de cette maladie. Parmi ces modèles, quatre étaient suffisamment documentés et ont été retenus pour la comparaison finale. 

Pour les femmes dont le risque est plus élevé en raison d'antécédents familiaux de cancer du sein, connaître leur risque personnel peut influencer certaines des décisions les plus importantes de leur vie, comme celle de se faire dépister plus fréquemment ou d'envisager un traitement préventif, explique la professeure Elizabeth Connolly, l’une des auteures de l'étude, dans un communiqué. Il est donc essentiel que les outils utilisés pour guider ces discussions soient aussi précis que possible.”

Les modèles de risque évaluent le nombre mais pas les patientes

Sur les quatre modèles étudiés, l’un d’entre eux, le BOADICEA, s'est révélé le plus performant dans l'ensemble. Avec celui appelé Gail, il a notamment produit des estimations de risque proches du nombre de cancers du sein réellement observés dans les études. En revanche, un autre modèle (le Tyrer-Cuzick) avait tendance à surestimer le risque, tandis que le BRCAPRO le sous-estimait. 

Enfin, aucun des modèles ne s’est montré suffisamment précis pour prédire quelles femmes allaient effectivement développer un cancer du sein. Autrement dit, les deux modèles les plus performants estimaient correctement le nombre global de cancers attendus, mais ne parvenaient pas à identifier les femmes qui allaient être réellement touchées par la maladie.

“Ces outils sont déjà largement utilisés en pratique clinique, et nous avons désormais une vision plus claire de leur précision chez les femmes ayant des antécédents familiaux de cancer du sein, estime le Dr Sarah McGarrigle, principale auteure de l’étude. Nos résultats suggèrent que ces outils sont utiles pour l'évaluation du risque, ce qui est encourageant, mais il reste encore beaucoup à faire.

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

LES MALADIES

J'AI MAL

J ai Mal Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES