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Les microplastiques peuvent-ils provoquer des réactions allergiques ?

Chez les souris, certains microplastiques, qui persistent dans les poumons, peuvent modifier les réponses immunitaires associées aux allergies.

Les microplastiques peuvent-ils provoquer des réactions allergiques ? Svetlozar Hristov/iStock




L'ESSENTIEL
  • Une étude, menée sur des souris, montre que des particules de polyéthylène téréphtalate (utilisé notamment dans les bouteilles) sont restées détectables dans les poumons pendant au moins 14 jours après une seule exposition.
  • Leur présence a déclenché une réponse inflammatoire avec une augmentation de cellules immunitaires impliquées dans les réactions allergiques.
  • Selon les scientifiques, ces résultats ne peuvent pas être directement transposés aux êtres humains et que des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer le risque réel.

"Les micro et nanoplastiques sont des polluants omniprésents détectés dans les environnements terrestres, aquatiques et atmosphériques. Leur persistance et leur capacité à interagir avec les systèmes biologiques, et à perturber ces derniers, suscitent des inquiétudes quant à leurs effets potentiels sur la santé humaine", selon des scientifiques de l’université de médecine de Vienne (Autriche). Plusieurs travaux ont mis en avant la présence de microplastiques dans les tissus humains, notamment les poumons, mais leurs effets sur le système immunitaire restent encore mal connus. C’est pourquoi les chercheurs autrichiens ont réalisé une étude parue dans la revue Journal of Hazardous Materials Advances.

Après 14 jours dans les poumons, les microplastiques perturbent la réponse immunitaire liée aux allergies

Lors des recherches, l’équipe s’est concentrée sur le polyéthylène téréphtalate (PET), une source majeure d'exposition aux microplastiques via les textiles, les emballages et les dispositifs médicaux. Elle a étudié les microplastiques de taille médiane (2,7 µm) et leurs effets en faisant des expériences sur des souris. Dans le détail, les particules de PET ont été administrées par voie respiratoire et ensuite abdominale, une seule fois, chez les rongeurs. Ces substances sont restées détectables dans les poumons pendant 14 jours. En outre, elles ont induit une inflammation des voies respiratoires avec une migration accrue de lymphocytes et d'éosinophiles, à savoir des cellules immunitaires généralement impliquées dans les réactions allergiques.

"Quand l'administration de microplastiques PET était combinée à celle de pollen d'ambroisie, un allergène respiratoire courant, l'inflammation respiratoire était exacerbée dans certaines conditions", ont signalé les auteurs. Lorsque les particules ont été introduites par voie abdominale en association avec d'autres allergènes, la réponse immunitaire systémique a été altérée. Plus précisément, les microplastiques PET ont exacerbé l'inflammation et influencé la réponse des anticorps spécifiques à l'allergène.

Des travaux complémentaires pour confirmer les résultats ne concernant que les souris pour l'instant

Dans les conclusions, les scientifiques soulignent que les microplastiques PET, identifiés ici comme des particules biologiquement actives, ne se contentent pas de rester dans l'organisme. Ils influencent activement les réponses immunitaires impliquées dans le développement et l'exacerbation des réactions allergiques et de l'inflammation.

Étant donné que ces résultats ont été obtenues à partir d’expériences menées sur des animaux, ils doivent être confirmés par une recherche réalisée dans des conditions d'exposition réelles auprès d’êtres humains. "Néanmoins, ils apportent des informations importantes sur les effets immunologiques potentiels des microplastiques, ce qui met une fois de plus en évidence l'importance de cette pollution environnementale pour la santé et justifie des travaux complémentaires", a précisé Michelle Epstein, qui a dirigé l’étude.

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