- Une simple intervention consistant à ajouter de la terre de forêt sur le paillasson peut modifier le microbiote bactérien présent dans les particules en suspension dans l'air des habitations urbaines.
- L’impact de cette intervention est le plus fort à la hauteur où respirent les enfants, surtout au cours des deux premières semaines après l’application du sol forestier.
- L'introduction de microbes spécifiques du sol forestier pourrait, à terme, avoir des effets positifs sur le développement immunitaire et la santé respiratoire des enfants.
La terre de forêt pourrait-elle protéger les enfants des villes contre l'asthme et les allergies ? C’est la question que se sont posés des scientifiques finlandais à partir d’un constat : "les modes de vie urbains se caractérisent par une exposition réduite aux stimuli microbiens environnementaux qui activent les voies immunorégulatrices. Ce phénomène a été associé à un risque accru de maladies inflammatoires, telles que l'asthme et les allergies." D’après eux, la potentielle solution préventive consiste à modifier l'exposition microbienne en intérieur afin de favoriser des interactions bénéfiques pour la santé.
Asthme, allergies : une nette hausse des bactéries associées à la terre forestière dans l’air
Ainsi, l’équipe a mené une étude, publiée dans la revue Microbiome, afin de tester la faisabilité des transferts de microbiote environnemental vers les logements urbains. Pour cela, elle a déposé de la terre provenant de la forêt sur le paillasson de six habitations urbaines (dont une a servi de maison "témoin") à trois reprises à quatre semaines d’intervalle. Des échantillons de poussière ont été prélevés avant l'ajout de la terre, puis toutes les deux semaines, à hauteur de respiration des enfants et des adultes, ainsi qu'à différents endroits du sol. "Le microbiote de ces échantillons a ensuite été analysé par séquençage d'ADN et qPCR."
Les résultats ont révélé une augmentation des bactéries associées à la terre de forêt dans la poussière domestique après l'intervention. L'ampleur de cet effet dépendait des caractéristiques du bâtiment, de la dynamique spatio-temporelle et de la dynamique des occupants. Il était plus marqué dans un logement présentant un "apport microbien supplémentaire relativement faible", c’est-à-dire un logement sans animaux de compagnie, peu occupé et équipé d'une ventilation mécanique.
Des effets supplémentaires à hauteur de respiration des nourrissons près du tapis rempli de terre forestière
Les auteurs ont également constaté un effet plus important à hauteur de respiration des enfants pendant les deux premières semaines suivant l’intervention. Des augmentations de la diversité bactérienne et d'un indice de microbiote protecteur contre l'asthme et les allergies, ainsi que des diminutions de la proportion de bactéries d'origine humaine, ont également été observées. Cependant, cela a été noté uniquement dans la poussière en suspension dans l'air à proximité du tapis rempli de terre forestière.
"Il est encourageant d’avoir ces résultats grâce à une intervention aussi simple et peu coûteuse", a déclaré Pirkka Kirjavainen, auteure principale des travaux. Dans de futures recherches, les scientifiques veulent se pencher sur le dosage et la composition des ajouts de microbiote environnemental nécessaires afin d’obtenir des bénéfices pour la santé, qu’ils comptent vérifier.



