- La maladie d'Alzheimer est due à deux types de lésions : les dépôts amyloïdes et les dégénérescences neurofibrillaires.
- Mais selon une nouvelle étude, il y a plusieurs autres facteurs pouvant expliquer le développement de cette pathologie.
- Les chercheurs appellent à ce que la science prenne davantage en compte ces autres facteurs, ce qui pourrait permettre la mise au point de traitements plus efficaces.
Les dépôts amyloïdes et les dégénérescences neurofibrillaires, voici les deux lésions responsables de la maladie d’Alzheimer. Ce sont elles qui, selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), altèrent le cerveau et entraînent la perte de mémoire caractéristique de cette pathologie.
Les différents facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer
Chacune de ces lésions est associée à une protéine : le peptide bêta amyloïde (ß‑amyloïde) pour les dépôts amyloïdes, et la protéine tau phosphorylée pour les dégénérescences neurofibrillaires. Jusqu’à présent, ce sont surtout eux que les traitements essaient de cibler… Sans succès car il n’existe pas encore de thérapie curative.
Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue Science China Life Sciences, des chercheurs avancent une explication. Pour eux, le développement de la pathologie est lié à de multiples causes et leur prise en compte pourrait permettre la mise au point de traitements plus efficaces contre la maladie d’Alzheimer.
Les chercheurs ont listé plusieurs facteurs qui participent au développement de la maladie :
- le vieillissement global (principal facteur de risque) et les modifications biologiques qu’il entraîne, comme l’augmentation des lésions de l’ADN ;
- la génétique, avec notamment APOE ε4 (le facteur génétique) le plus connu, mais aussi d’autres variants génétiques ;
- la résistance à l’insuline ;
- l’hypertension artérielle ;
- les déséquilibres de la flore intestinale.
Plus de facteurs de risque pour plus de pistes de traitement
Cette étude n’est pas une simple revue des facteurs de risque. Dans leurs travaux, les scientifiques avancent de nouvelles pistes de traitements contre la maladie d’Alzheimer. Ils estiment par exemple que des médicaments antidiabétiques ou des thérapies ciblant l'axe intestin-cerveau pourraient constituer une voie thérapeutique intéressante à étudier. Mais pas la seule. “Vaincre la maladie d'Alzheimer repose sur une collaboration interdisciplinaire et une innovation holistique”, concluent les auteurs dans un communiqué.
Actuellement, les médicaments disponibles permettent de ralentir la progression de la pathologie. Mais leur efficacité est discutée, ce qui a conduit au déremboursement de certains d’entre eux par l’Assurance maladie. “Ces médicaments ont un intérêt médical insuffisant, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas un moyen de traitement suffisamment efficace de la maladie d’Alzheimer pour justifier que ces médicaments continuent d’être remboursés par la collectivité, expliquait à l’époque le ministère de la Santé pour justifier sa décision. Ces médicaments visent à réduire les symptômes de la maladie d’Alzheimer mais ni à prévenir ni à retarder son évolution.”
En attendant, environ 1,2 million de personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer en France, d’après l’Inserm. Et ce nombre ne cesse d’augmenter car, chaque année, environ 225.000 nouveaux cas sont diagnostiqués dans le pays.



