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Cette molécule naturelle vous protège de la grippe

La dermcidine, une molécule naturelle présente dans la sueur, pourrait jouer un rôle clé contre la grippe. Cette découverte ouvre la voie à de futurs traitements antiviraux.

Cette molécule naturelle vous protège de la grippe Choreograph (Konstantin Yuganov) / istock




L'ESSENTIEL
  • Présente dans la sueur, la dermcidine est un peptide antimicrobien produit en continu par l’organisme.
  • Cette molécule pourrait bloquer le virus de la grippe.
  • La présence de la dermcidine dans les portes d'entrée des virus respiratoires est une piste pour de nouveaux traitements antiviraux.

Une molécule naturellement produite par le corps pour freiner les infections virales telles que la grippe. C’est la nouvelle piste explorée par des chercheurs de la fondation Fisabio, en Espagne, et plusieurs instituts internationaux. Dans une étude publiée dans la revue PNAS, ils ont montré que la dermcidine, déjà connue pour ses propriétés antibactériennes, possède aussi une action antivirale.

Un virus inactivé avant qu’il ne puisse infecter la cellule

Présente dans la sueur, la dermcidine est un peptide antimicrobien produit en continu par l’organisme. Mais selon les travaux dirigés par la Dre María D. Ferrer, elle ne se limite pas aux bactéries. "La dermcidine […] présente également une activité antivirale contre le virus de la grippe", explique-t-elle dans un communiqué. Les chercheurs ont observé que cette molécule pouvait interférer avec l’infection, aussi bien en laboratoire que chez des modèles d'animaux vivants. Mieux : les personnes qui ne développent pas de symptômes grippaux présentent des niveaux de dermcidine jusqu’à six fois plus élevés.

La recherche met en lumière un mode d’action inédit. La dermcidine agit en se liant à l’hémagglutinine, une protéine essentielle permettant au virus de pénétrer dans les cellules. Cette interaction bloque la fusion entre le virus et la cellule, ce qui empêche l’infection. "La dermcidine inactive le virus avant qu’il ne puisse infecter la cellule", détaillent les chercheurs. Contrairement aux antiviraux classiques, auxquels la grippe résiste de plus en plus, cette molécule agit sur des zones du virus très stables. "Elle pourrait contribuer à la défense contre différents variants", précise la Dre Ferrer.

Une piste pour de nouveaux traitements

Autre découverte majeure : la dermcidine est présente dans les principales "portes d’entrée" des virus respiratoires, comme le nez, la salive ou les larmes. Pour le Dr Álex Mira, coauteur des travaux, "ces résultats montrent que notre corps possède des mécanismes naturels capables de freiner les infections virales". Une piste qui pourrait déboucher sur de nouveaux traitements plus efficaces. Les chercheurs envisagent notamment des antiviraux inspirés de cette molécule, capables de limiter les résistances. "Ce principe pourrait s’étendre à d’autres virus respiratoires", selon le Dr Mira, qui évoque même les coronavirus.

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