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Covid-19, grippe : pourquoi ces maladies sont-elles plus dangereuses chez les personnes âgées ?

Le vieillissement des tissus pulmonaires peut provoquer une réponse immunitaire excessive chez les personnes âgées touchées par la grippe ou la Covid-19. 

Covid-19, grippe : pourquoi ces maladies sont-elles plus dangereuses chez les personnes âgées ? quantic69/iStock




L'ESSENTIEL
  • Les personnes âgées sont plus à risque de forme grave de la grippe et de la Covid-19.
  • Selon une nouvelle étude, cela est dû au vieillissement des tissus pulmonaires qui peut provoquer une réponse immunitaire excessive.
  • L’inflammation générée par la maladie peut persister même après la disparition de l’infection.

Chaque année, les personnes âgées de 65 ans et plus font partie de la liste des publics prioritairement éligibles à la vaccination contre la grippe et la Covid-19. Elles sont en effet plus à risque de forme grave et potentiellement mortelle de ces maladies. Mais pourquoi ? C’est la question à laquelle ont voulu répondre des chercheurs.

Le vieillissement des cellules pulmonaires perturbe la réponse immunitaire

Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue Immunity, les scientifiques ont voulu mieux comprendre  l’”inflammaging”, c’est-à-dire l'inflammation chronique du système pulmonaire liée à l’âge. Pour cela, ils se sont plus précisément intéressés aux fibroblastes. Ces cellules pulmonaires assurent l'étanchéité des tubes et des cavités pulmonaires. Cependant, dans certaines maladies comme la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), les fibroblastes peuvent déclencher une inflammation.Pour les scientifiques, le vieillissement seul pourrait aussi déclencher cette inflammation. Ils estiment qu'avec l’âge, les fibroblastes envoient des signaux de détresse qui perturbent le fonctionnement du système immunitaire. Ce processus aboutit à une réponse immunitaire excessive en cas de rencontre avec un agent infectieux comme la grippe ou la Covid-19. 

Covid-19, grippe : la réponse immunitaire excessive favorise une forme grave

Afin de vérifier leur hypothèse, ces derniers ont mené une expérience sur de jeunes souris. En laboratoire, ils ont génétiquement modifié leurs fibroblastes dans le but de reproduire ce vieillissement et voir si les rongeurs développaient des formes plus graves de la maladie. Les poumons des jeunes souris ont présenté des symptômes graves d'infection, comme s'ils étaient âgés. En cause, la réponse immunitaire excessive, qui a entraîné la formation d’amas de cellules inflammatoires dans les poumons. Chez certaines, les chercheurs ont identifié un marqueur génétique appelé GZMK, associé aux formes graves de la Covid-19. 

"Nous avons été surpris de constater que les fibroblastes pulmonaires agissaient de concert avec les cellules immunitaires pour induire l'inflammaging, a déclaré le Dr Tien Peng, principal auteur de l’étude, dans un communiqué. Cela ouvre de nouvelles perspectives d'intervention avant que l'inflammation ne s'aggrave chez les patients et ne nécessite une intubation.” Certaines cellules immunitaires étaient marquées par GZMK. En tentant d’agir, sans succès, contre la maladie, elles parvenaient jusqu’aux poumons et les endommageaient. En revanche, quand les scientifiques ont éliminé les cellules marquées par GZMK chez les souris, leurs poumons ont pu résister à l'infection. 

Dans un second temps, pour vérifier leurs résultats, les chercheurs ont analysé des tissus pulmonaires de patients âgés hospitalisés pour un syndrome de détresse respiratoire aiguë lié à la Covid-19. Là aussi, ils ont observé des amas de cellules semblables à ceux des souris. Et plus il y en avait, plus la maladie était à un stade sévère. En revanche, les tissus pulmonaires de donneurs sains ne présentaient aucun amas. "Pendant la pandémie de Covid-19, nous avons constaté que nos patients les plus vulnérables n'étaient plus infectés, mais souffraient toujours d'une inflammation pulmonaire persistante et dévastatrice, indique le Dr Tien Peng. Ce dysfonctionnement du circuit entre les cellules pulmonaires et immunitaires constitue une nouvelle cible thérapeutique prometteuse.

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