- Le test M-CHAT, pour Modified Checklist Autism for Toddlers, est un outil de repérage des enfants à risque de développer un trouble du spectre de l’autisme.
- Mais selon une nouvelle étude, ce test est efficace pour exclure un TSA mais moins pour le détecter.
- En effet, d’après les auteurs, il manque environ 38 % des cas chez les jeunes enfants à haut risque.
Pour l'enfant de 16 à 30 mois, en cas de suspicion de trouble du spectre de l’autisme (TSA), le test M-CHAT est recommandé par l’Assurance Maladie. Ce Modified Checklist Autism for Toddlers, traduit liste de contrôle modifiée pour l'autisme chez les tout-petits, est un outil de repérage des enfants à risque de développer un trouble du spectre de l’autisme. Mais une récente étude, publiée dans la revue JAMA Network Open, remet en cause son efficacité.
Le test M-CHAT, plus "efficace pour exclure" que pour dépister l’autisme
Lors de leurs travaux, les scientifiques de l'Institut Karolinska, en Suède, ont examiné la performance de ce test auprès de 2.178 enfants nés entre 2013 et 2019. Certains étaient grands prématurés tandis que d’autres avaient eu des complications à la naissance. L’objectif des chercheurs était de comparer les résultats obtenus au test M-CHAT avec les diagnostics cliniques d'autisme posés ultérieurement. "Les résultats montrent que le test M-CHAT est relativement efficace pour exclure l'autisme, mais qu'il ne détecte pas tous les enfants qui recevront un diagnostic par la suite, explique Ulrika Ådén, l’une des auteures, dans un communiqué. Dans ce groupe à haut risque [prématurés et nés avec des complications, NDLR], il est donc nécessaire de disposer de davantage d'outils pour identifier précocement les enfants nécessitant des recherches complémentaires”.
Près de quatre enfants sur dix non dépistés
Dans le détail, les chercheurs ont découvert que le test était capable d'identifier correctement les enfants sans autisme dans 91 % des cas. En revanche, il ne parvenait à dépister que 62 % de ceux qui en étaient atteints. Autrement dit, il manquait environ 38 % des cas, soit près de quatre enfants sur dix.
D’après leurs observations, les enfants nés grands prématurés présentaient à la fois la proportion la plus élevée de résultats positifs et le plus grand nombre de diagnostics d'autisme. Ils étaient donc plus à risque d’autisme et de ne pas être dépistés. Cela était aussi valable pour les filles, dont le test était moins souvent positif que chez les garçons. Cela signifie que la probabilité était plus élevée pour elles de ne pas être dépistées par le questionnaire M-CHAT.
"Globalement, l'étude montre que d'autres difficultés de développement, telles que des troubles moteurs ou sensoriels, peuvent affecter l'interprétation du test M-CHAT, conclut Ulrika Ådén. Il est essentiel d'en tenir compte dans le cadre du dépistage précoce”. Selon la maison de l’autisme, en France, les garçons sont environ trois fois plus souvent diagnostiqués que les filles. En tout, près d’un individu sur cent est concerné par un TSA dans le pays, soit environ 700.000 à un million de personnes.



