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Dans l'espace, l'apesanteur désoriente les spermatozoïdes !

Des chercheurs ont mis en évidence que les spermatozoïdes auraient du mal à trouver l’ovule dans l’espace.

Dans l'espace, l'apesanteur désoriente les spermatozoïdes ! Brastock Images/istock




L'ESSENTIEL
  • Les spermatozoïdes ne parviennent pas à trouver l'ovule quand il n'y a pas de gravité.
  • On observe également une réduction de 30 % du nombre d'ovules fécondés avec succès après quatre heures d'exposition à l'apesanteur.
  • Les chercheurs appellent à davantage de recherche sur la santé reproductive dans l'espace.

En février dernier, des chercheurs prévenaient que le premier bébé de l’espace n’était pas près de naître, l’espace étant un environnement hostile pour la santé reproductive humaine. Les nouveaux travaux de leurs confrères de l’université d’Adélaïde, publiés en Communications Biology le 26 mars 2026, mettent en lumière un problème de taille : les spermatozoïdes ont du mal à trouver leur chemin vers l’ovule en l’absence de gravité.

Le spermatozoïde a du mal à trouver l’ovule sans la gravité

Pour mesurer la mobilité des spermatozoïdes, les chercheurs ont trouvé une solution beaucoup moins onéreuse qu’un voyage dans l’espace. Ils ont, en effet, utilisé un appareil qui simule les conditions d’apesanteur spatiale et ont placé le sperme dans un labyrinthe reproduisant un appareil reproducteur féminin. "Nous avons observé une réduction significative du nombre de spermatozoïdes capables de se frayer un chemin avec succès à travers le labyrinthe de la chambre en conditions de microgravité par rapport à la gravité normale", explique le Dr Nicole McPherson de l’Université d’Adélaïde dans communiqué.

"C’est la première fois que nous sommes en mesure de démontrer que la gravité est un facteur important dans la capacité des spermatozoïdes à naviguer dans un canal comme l’appareil reproducteur", ajoute l’auteure principale. Le phénomène a été observé à chaque fois ainsi qu'avec l'ensemble de l'échantillon de sperme, malgré l'absence de modification du mouvement physique des spermatozoïdes. "Cela indique que leur perte de direction n'était pas due à un changement de motilité, mais à d'autres facteurs", précise l’experte.

"C’est la première fois que nous sommes en mesure de démontrer que la gravité est un facteur important dans la capacité des spermatozoïdes à naviguer dans un canal comme l’appareil reproducteur", ajoute la médecin.

L’équipe a toutefois remarqué qu’après l’ajout de progestérone, hormone sexuelle féminine, un plus grand nombre de spermatozoïdes humains trouvaient leur chemin. "Nous pensons que cela est dû au fait que la progestérone est également libérée par l'ovule et peut aider à guider les spermatozoïdes vers le site de fécondation, mais cela mérite d'être exploré plus en profondeur comme solution potentielle", indique le Dr McPherson.

Espace : même si le spermatozoïde et l’ovule se rencontrent, la fécondation n’est pas assurée

Néanmoins, l’étude dévoile un autre problème. Même si le spermatozoïde parvient à trouver l’ovule. La fécondation est problématique aussi. En utilisant les gamètes de souris, les scientifiques ont observé une réduction de 30 % du nombre d'ovules fécondés avec succès après quatre heures d'exposition à une gravité zéro par rapport à des conditions terrestres.

"Nous avons observé une diminution du taux de fécondation lors d'une exposition à la microgravité de quatre à six heures. Une exposition prolongée s'est avérée encore plus néfaste, entraînant des retards de développement et, dans certains cas, une réduction du nombre de cellules formant le fœtus aux premiers stades de la formation embryonnaire", ajoute la Dr McPherson.

Si l’experte note que la reproduction risque d’être complexe dans l’espace, elle ne baisse pas les bras. "Dans notre étude la plus récente, de nombreux embryons sains ont pu se former même après fécondation dans ces conditions. Cela nous donne l’espoir que la reproduction dans l’espace soit un jour possible", remarque la spécialiste qui poursuit ses recherches sur le sujet.

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