- Un programme d’alimentation cétogène en ligne a réduit les symptômes de dépression et d’anxiété en 12 semaines.
- Le régime "keto" repose sur une réduction drastique des glucides, compensée par une forte consommation de graisses et un apport modéré en protéines.
- Il optimiserait l’énergie du cerveau en utilisant les graisses plutôt que les sucres.
Une nouvelle preuve que le contenu de notre assiette peut avoir des répercussions tangibles sur notre cerveau et notre santé mentale. Une récente étude britannique, publiée dans la revue Frontiers in Nutrition, suggère qu’un régime cétogène encadré, même suivi à distance, pourrait réduire significativement les symptômes de dépression et d’anxiété.
Régime "keto" : moins de symptômes de dépression et d’anxiété
La recherche, menée par des scientifiques de l’Université d’East London, s’est intéressée à une thérapie métabolique cétogène (TMC) proposée en ligne. "Les traitements traditionnels comme les antidépresseurs et la psychothérapie sont essentiels, mais ils se concentrent souvent sur la gestion des symptômes", explique Erin Bellamy, autrice principale des travaux, dans un communiqué. Elle et son équipe ont donc voulu évaluer les effets d’un changement alimentaire.
Les résultats sont clairs : chez un groupe de 19 adultes souffrant de divers troubles psychiques, ce programme de 4 à 12 semaines a permis une réduction de 62 % des symptômes dépressifs (score moyen passant de 13 à 5) et une diminution de 46 % de l’anxiété (de 13 à 7). Selon l’étude, 8 participants ont même atteint le stade de rémission pour la dépression, et 9 pour l’anxiété. Fait notable : tous les participants ont suivi le programme jusqu’au bout, et aucun événement indésirable grave n’a été rapporté. "Cette nouvelle approche métabolique, accessible à distance, pourrait changer complètement la donne", assure Erin Bellamy.
Le régime cétogène ou "keto" repose sur une réduction drastique des glucides (sucre, féculents, légumineuses), compensée par une forte consommation de graisses (huiles, beurre, poissons gras, avocats) et un apport modéré en protéines (œufs, fromages, poissons, viandes). Privé de glucose, l’organisme change alors de carburant : il va puiser dans les graisses – qui deviennent la principale source calorique – pour produire des corps cétoniques, qui seront utilisés à la place du sucre pour fournir de l’énergie au cerveau. D’après les chercheurs, ce changement énergétique pourrait bien améliorer le fonctionnement cérébral, en optimisant l’énergie disponible pour les neurones.
Un changement alimentaire à valider avec son médecin
Longtemps utilisé contre l’épilepsie, le régime cétogène attire désormais l’attention des psychiatres pour des troubles comme la dépression, les troubles bipolaires ou encore la schizophrénie. Il faut néanmoins rester prudent, car "des essais plus larges sont nécessaires pour évaluer la durabilité de ces résultats", souligne Erin Bellamy. L’objectif, à terme, serait d’intégrer cette approche nutritionnelle aux systèmes de santé et aux traitements conventionnels, afin d’alléger la pression sur les hôpitaux et les services de psychiatrie.
La prudence est aussi recommandée pour les patients car, en pratique, le régime "keto" reste très contraignant et peut faire courir des risques de carences nutritionnelles s’il n’est pas adapté au patient. Un accompagnement médical est donc indispensable avant de s’y engager pleinement.



