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Oncologie

Cancer : une protéine dans le sang permet le diagnostic 7 ans avant les symptômes

Par Diane Cacciarella

Dans deux nouvelles études, des scientifiques ont identifié des protéines présentes dans le sang qui pourraient indiquer, sept ans avant le diagnostic, qu’une personne va être atteinte d'un cancer.

kukhunthod/iStock
Des chercheurs ont identifié des protéines sanguines pouvant prédire le risque de cancer sept ans à l'avance.
La première étude a identifié 107 protéines présentes dans le sang des patients au moins sept ans avant le diagnostic.
Ces travaux pourraient permettre, à terme, d’améliorer le dépistage des cancers.

Plus un cancer est diagnostiqué tôt, plus l’espérance de vie - voire même les chances de guérison - est élevée. Deux études publient des résultats intéressants pour améliorer le dépistage en amont de ces maladies. 

182 protéines associées au cancer trois ans avant le diagnostic

Dans la première étude, publiée dans Nature communications, les scientifiques ont analysé des échantillons de sang de plus de 44.000 personnes, dont environ 4.900 personnes ont ensuite été diagnostiquées d’un cancer. 

Grâce à des techniques poussées, les chercheurs ont examiné 1.463 protéines présentes dans les échantillons de sang de chaque personne, ayant reçu ou non un diagnostic de cancer. Le but était de voir leur incidence avec 19 types de cancers différents, dont ceux du foie, du poumon ou encore du rein. 

Résultats : 618 protéines seraient liées à ces 19 types de cancer différents, dont 107 protéines étaient présentes dans le sang des patients au moins sept ans avant le diagnostic. De plus, trois ans avant le diagnostic, les chercheurs ont identifié 182 protéines fortement associées au cancer.

"Pour sauver davantage de vies, nous devons mieux comprendre ce qui se produit dès les premiers stades de la maladie, explique le Dr Keren Papier, l’un des auteurs de cette étude, dans un communiqué. Les données recueillies auprès de milliers de personnes atteintes de cancer ont révélé des informations très intéressantes sur la façon dont les protéines présentes dans notre sang peuvent affecter notre risque de cancer. Maintenant, nous devons étudier ces protéines en profondeur pour voir lesquelles pourraient être utilisées de manière fiable à des fins de prévention.

Dans une seconde étude, également publiée dans la revue Nature Communications, les scientifiques ont examiné les données génétiques de plus de 300.000 cas de cancer. Ils ont découvert 40 protéines sanguines pouvant favoriser le développement de neuf types de cancer différents, notamment celui du sein.

Vers un meilleur dépistage des cancers

Qu’il s’agisse de l’une ou l’autre de ces deux études, les scientifiques indiquent que des recherches supplémentaires doivent être menées afin de mieux identifier le rôle de ces protéines sanguines dans le développement des cancers. 

"Pour pouvoir prévenir le cancer, nous devons comprendre les facteurs à l'origine des premiers stades de son développement, indique le professeur Ruth Travis, auteur principal des deux études. Ces études sont importantes, car elles fournissent de nombreux nouveaux indices sur les causes et la biologie de plusieurs cancers, y compris des informations sur ce qui se passe des années avant qu’un cancer soit diagnostiqué.

À terme, connaître ces protéines pourrait aider au développement de tests de dépistage - pour détecter leur présence dans le sang - et de traitements pour les cibler.

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