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Prévention

Santé publique : 65 000 morts prématurés évitables

Par Mathias Germain

Faute d’éducation à la santé, France paie un lourd tribut par rapport à ses voisins européens. Le Haut comité de santé publique pur une sensibilisation à l'école.

Eye Ubiquitous / Rex Fe/REX/SIPA
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«  La France paie cher ses faiblesses en matière d’éducation et de promotion de la santé ! » Le constat est déjà connu mais c’est un vrai cri d’alarme  lancé ce mercredi par le Haut Conseil de santé publique, l’organisme chargé d’évaluer les plans de santé publique en France.
« En France le nombre de décès prématurés évitables chez les hommes est de 92 pour 100 000 par an alors qu’en Suède, il est à 40 pour 100 000, et au Royaume Uni à 50 pour 100 000, précisé le Pr Didier Jourdan, vice-président de la Commission Prévention, Education et Promotion de la santé au HCSP. « A l'échelle de notre population, cela représente près de 65 000 morts évitables. Notre pays est véritablement dans une situation critique de ce point de vue ».

Ecouter le Pr Didier Jourdan, membre du Haut Conseil de santé publique : « En France, les indicateurs liés à la mortalité prématurée évitables sont les pires comparés à nos voisins européens. »



L'éducation pour la santé à l'école

Pour inverser la tendance, la France doit faire un véritable effort en matière de prévention et de promotion de la santé. Le HCSP, qui participe activement au débat en vue de la loi de santé annoncée par Marisol Touraine pour la fin du printemps 2014, souhaite que les autorités mettent l’accent sur l’éducation de la santé à l’école.

Des inégalités sociales criantes
« Les comportements qui impactent sur la santé se prennent très tôt, et ils génèrent rapidement des inégalités, rappelle le Pr Didier Jourdan. Des études récentes ont montré que dès le CM2, l’obésité varie de 1 à 7 entre les enfants de cadres et les enfants d’ouvriers. » C’est pour ces raisons que le HCSP recommande la mise en place parcours d’éducation et de sensibilisation de la maternelle au collège, adapté aux problématiques de chaque âge, traitant notamment de l’hygiène de vie, de la sécurité domestique, de la nutrition, de la sexualité et des addictions.

Ecouter le Pr Didier Jourdan : « Les inégalités de santé dues aux comportements se mettent en place très précocément. »



Réorganiser la médecine scolaire

Le HCSP souhaite aussi réorganiser les missions et le travail de la médecine scolaire. «  En France, un bilan de santé est obligatoire à l’entrée de la scolarité, à 6 ans, mais seulement 65 % des enfants en bénéficient », souligne le Pr Didier Jourdan. La médecine de l’Education nationale ne compte que 1500 médecins et 7500 infirmières.
« Les missions de la médecine scolaire sont trop larges et inadaptées tant aux ressources humaines actuellement disponibles qu’aux enjeux de prévention, d’éducation et de prise en charge des élèves » reconnaît le Pr Didier Jourdan, qui plaide pour que les 840 000 enseignants participent au travail d’éducation à la santé.
La ministre de la Santé a d’ores et déjà annoncé que la stratégie nationale de santé mettrait l’accent sur la prévention. « La santé des jeunes fera partie des priorités de santé publique, a-t-elle indiqué le 23 septembre dernier. Reste à savoir si les recommandations du HCSP seront pleinement prises en compte dans la future loi de santé.