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Cancer

Les femmes atteintes d’un cancer ont des niveaux élevés de PFAS dans l’organisme

Par Mégane Fleury

Une étude montre que les femmes atteintes de cancer du sein, des ovaires, de l’utérus ou de la peau ont des niveaux de PFAS, des composés chimiques, plus élevés dans le corps.  

Ridofranz/ISTOCK
MOTS-CLÉS :
Une étude montre que les femmes atteintes d’un cancer ont été davantage exposées à certains polluants chimiques, comme les PFAS.
Qualifiés de polluants éternels, ces produits chimiques sont présents partout.
Si l’étude ne prouve pas de lien de cause à effet, ses auteurs recommandent de poursuivre les investigations.

La pollution augmente le risque de cancer. De nombreuses études l’ont démontré. Une nouvelle recherche confirme l’existence d’un lien entre les substances chimiques et le risque de cancer. Dans Journal of Exposure Science and Environmental Epidemiology, des scientifiques constatent que les femmes atteintes d’un cancer présentent des taux plus élevés de certains perturbateurs endocriniens. 

Cancer : que sont les PFAS ?

Ces derniers sont des composés chimiques qui peuvent interférer avec le système hormonal. Ils sont largement répandus dans l’environnement. Les PFAS, pour per et polyfluoroalkylées, ont contaminé l'eau, les aliments mais ils sont aussi présents dans certains matériaux dont des ustensiles de cuisine ou des vêtements. "Ils sont souvent qualifiés de ‘produits chimiques éternels’ car ils résistent à la dégradation et durent donc des décennies dans l’environnement, précisent les auteurs de cette étude. Les PFAS restent également dans les organismes humains pendant plusieurs mois, voire plusieurs années."

PFAS : un lien avec le risque de cancer 

Ces travaux récents ont été réalisés par des chercheurs de l'UC San Francisco, de l'université de Californie du Sud et de l'université du Michigan. Ils ont utilisé les échantillons de sang et d'urine de plus de 10.000 personnes pour observer l’exposition aux polluants, les phénols et les PFAS, puis pour recenser les diagnostics de cancer. "Ces résultats mettent en évidence la nécessité de considérer les PFAS et les phénols comme des facteurs de risque environnementaux pour le risque de cancer chez les femmes", conclut Max Aung, auteur principal de l’étude. Les données obtenues montrent que les femmes les plus exposées au PFDE, un type de PFAS, avaient deux fois plus de risque d’avoir reçu un diagnostic de mélanome précédemment. Pour deux autres types de PFAS, le constat était le même. L'étude a aussi démontré un lien entre le PFNA, une autre sorte de PFAS, et un diagnostic antérieur de cancer de l’utérus. "Les femmes plus exposées aux phénols, tels que le BPA (utilisé dans les plastiques) et le 2,5-dichlorophénol (un produit chimique utilisé dans les colorants et trouvé comme sous-produit dans le traitement des eaux usées), avaient un risque plus élevé de recevoir un diagnostic de cancer de l’ovaire", notent les auteurs. Une corrélation avec le cancer du sein a aussi été observée. 

Cancer et PFAS : de futures investigations sont nécessaires 

"Bien que cela ne prouve pas que l’exposition à des produits chimiques tels que les PFAS (substances per- et poly-fluoroalkyles) et aux phénols (y compris le BPA) a conduit à ces diagnostics de cancer, cela constitue un signal fort indiquant qu’ils pourraient jouer un rôle et devraient être étudiés plus en profondeur", estiment-ils. Ils avancent déjà des hypothèses pour expliquer leurs résultats. "Ces produits chimiques PFAS semblent perturber la fonction hormonale chez les femmes, ce qui constitue un mécanisme potentiel qui augmenterait le risque de cancers liés aux hormones chez les femmes", suppose Amber Cathey, co-autrice de l’étude. 

 

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