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Crise cardiaque : le risque double les jours de canicule et de forte pollution aux particules fines

Par Chloé Savellon

Une étude révèle que les jours de canicule et de niveaux élevés de pollution aux particules fines peuvent doubler le risque de décès par crise cardiaque, en particulier chez les femmes et les personnes âgées.

fazon1/istock
Une nouvelle étude confirme que les jours de chaleur extrême, de froid extrême ou de niveaux élevés de pollution atmosphérique par les particules fines (PM 2,5 ) étaient significativement associés au risque de décès par crise cardiaque.
Le risque de crise cardiaque à ces périodes est plus élevé chez les femmes et les personnes âgées.
La plus forte augmentation du risque de décès par crise cardiaque a été observée les jours qui associaient chaleur extrême et niveaux élevés de PM 2,5 . Il est deux fois plus élevé que les autres jours.

"Les épisodes de températures extrêmes sont de plus en plus fréquents, plus longs et plus intenses, et leurs effets néfastes sur la santé suscitent de plus en plus d'inquiétudes. Un autre problème environnemental mondial est la présence de particules fines dans l'air, qui peuvent interagir de manière synergique avec des températures extrêmes pour nuire à la santé cardiovasculaire", explique le Dr Yuewei Liu, professeur d'épidémiologie à l'École de santé publique de l'Université Sun Yat-sen à Guangzhou. Et ses derniers travaux sur le sujet, parus dans la revue Circulation de l'American Heart Association, se révèlent inquiétants.

Canicule et particules fines : le cocktail qui double le risque de crise cardiaque

Pour mieux percevoir les risques cardiovasculaires face aux températures extrêmes et la pollution, le scientifique a analysé plus de 202.000 morts par crise cardiaque survenues entre 2015 et 2020 dans la province du Jiangsu, une région chinoise avec quatre saisons distinctes et une large gamme de températures et de niveaux de particules fines. Son équipe relevait entre autres l'exposition à la pollution le jour de chaque décès ainsi que le jour avant.

Les données ont montré que le risque de décès par crise cardiaque était 18 % plus élevé pendant les vagues de chaleur de 2 jours avec des températures supérieures à 28 degrés, et 74 % plus élevé pendant les épisodes caniculaires de 4 jours où le thermomètre grimpe au-delà de 34,8 degrés.

Le cœur semble encore plus en difficulté quand la canicule est combinée à une forte pollution atmosphérique. En effet, le risque de décès par infarctus était deux fois plus élevé pendant les vagues de chaleur de 4 jours qui avaient une pollution aux particules fines (PM2,5) supérieure à 37,5 microgrammes par mètre cube.

Le froid est aussi mauvais pour le cœur

L'étude révèle également que le froid peut augmenter le risque de décès par crise cardiaque. Pendant les vagues de froid de 2 jours avec des températures inférieures à 4,7 degrés, le risque était 4 % plus élevé. Si elles durent 3 jours avec des températures égales ou inférieures à 2,8 degrés, le risque grimpait à 12 %.

En revanche, aucun risque supplémentaire n'était enregistré s'il y avait des niveaux élevés de pollution par les particules fines pendant les vagues de froid.

Canicule et infarctus : les femmes et les personnes âgées plus vulnérables

Ces analyses ont également permis de déterminer les individus les plus à risques d'infarctus face aux températures extrêmes. Les femmes étaient plus susceptibles de faire une crise cardiaque pendant les jours de canicule par rapport aux hommes. Les personnes âgées ainsi que les jeunes adultes affichaient aussi des risques plus élèves.

Les plus de 80 ans étaient également plus à risque de crise cardiaque que les plus jeunes pendant les jours de froid important ou de niveaux élevés de PM2,5.

"Nos résultats fournissent des preuves que la réduction de l'exposition aux températures extrêmes et à la pollution par les particules fines peut être utile pour prévenir les décès prématurés par crise cardiaque, en particulier chez les femmes et les personnes âgées", indique le Dr Liu dans un communiqué.

Pour éviter les effets négatifs sur la santé des températures extrêmes, le médecin conseille de surveiller les prévisions météorologiques, de s'habiller en fonction du temps, de maintenir une bonne hydratation, d'éviter de sortir aux heures les plus chaudes et d'équiper son domicile (store, ventilateur, climatiseur) pour réduire la température intérieure pendant les canicules.

"L'utilisation d'un purificateur d'air dans la maison, le port d'un masque à l'extérieur, le fait de rester à l'écart des autoroutes très fréquentées et le choix d'activités de plein air moins fatigantes peuvent également contribuer à réduire l'exposition à la pollution de l'air les jours où les niveaux de pollution par les particules fines sont élevés", ajoute-t-il dans un communiqué.