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Île-de-France

Eau potable : est-elle contaminée par un solvant potentiellement cancérigène ?

Par Geneviève Andrianaly

L’Anses alerte sur la présence de solvant, 1,4-dioxane, dans les nappes phréatiques, en particulier dans les Yvelines.

Liudmila Chernetska/iStock
Dans 8 % des échantillons d'eau potable testés par l'Anses, du 1,4-dioxane a été trouvé.
Il s’agit d’un solvant qui est classé cancérogène par le CIRC (Centre International de Recherche contre le Cancer).
Les Yvelines détiennent le record national de concentration en dioxane avec 4,8 µg /L.

En Île-de-France, plusieurs réservoirs d’eau potable contiennent du 1,4-dioxane, d’après l’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentaire (Anses). Pour parvenir à cette découverte, elle a réalisé une campagne de recherches durant deux ans. Elle "a permis de collecter plus de 136.000 résultats. Les prélèvements d’eaux brutes et traitées ont été réalisés sur tout le territoire français, y compris dans les territoires d’outre-mer. L’objectif était d’analyser des points de captage d’eau représentant environ 20 % de l’eau distribuée", peut-on lire dans le communiqué de l’agence. Elle s’est concentrée sur trois classes de polluants : les pesticides et métabolites de pesticides, les résidus d’explosifs et le 1,4-dioxane, soit un solvant.

Un solvant détecté dans 8 % des échantillons d’eau potable testés

À l’issue de ces travaux, plusieurs polluants ont été détectés dans de nombreuses nappes phréatiques de la région. Selon les données, 89 pesticides et métabolites de pesticides ont été détectés au moins une fois dans les eaux brutes et 77 fois dans les eaux traitées. Autre constat : des résidus d’explosifs ont été retrouvés dans moins de 10 % des échantillons d’eaux traitées, principalement issus de sites d’armement datant de la première guerre mondiale ou à proximité d’activités industrielles d’armement. "Le 1,4-dioxane a lui été quantifié dans 8 % des échantillons", signale l’Anses dans son rapport. Elle ajoute que "cette contamination touche autant les ressources d’origine superficielle que celles d’origine souterraine. Les résultats tendent à confirmer l’origine industrielle de ce composé dans les eaux avec 63 % des échantillons positifs en lien avec des rejets industriels."

Le 1,4-dioxane, une substance classée cancérogène

Pour rappel, ce solvant, qui est "mobile dans l’environnement et peu biodégradable", est utilisé par les industriels des peintures, mais aussi par les laboratoires et les fabricants de produits d’entretien. D’après l’INRS, l’exposition répétée à ce solvant peut provoquer dessèchement ou gerçures de la peau. Le 1,4-dioxane peut aussi causer une sévère irritation des yeux et irriter les voies respiratoires. "Cette substance est classée cancérogène par le CIRC (Centre International de Recherche contre le Cancer)", indique l’Institut National de Recherche et de Sécurité sur son site.

Eau potable contaminée par le dioxane : un record dans les Yvelines

Le rapport de l’Anses précise que certaines régions semblent être épargnées par une contamination en 1,4-dioxane comme le Sud-Est et le Nord-Ouest de la France, la Corse et les DROM. En revanche, neuf régions sont concernées par la présence de ce composé avec l’Ile de France, le Centre-Val de Loire et les Hauts de France. "Il est intéressant de noter que pour le département des Yvelines (78), les points supplémentaires sont tous positifs avec une concentration maximale à 4,8 µg/L. Pour comprendre ces niveaux de concentration et leur origine, des investigations complémentaires vont être menées. (...) Deux sites sont concernés par ces investigations. Pour l’un deux, on sait d’ores et déjà que ces teneurs élevées sont en lien avec une pollution aux solvants chlorés dans les années 80. Pour le second, l’origine n’est pas clairement identifiée", alerte l’agence.