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Les chauves-souris ne seraient pas à l’origine de la Covid-19, selon une étude

Selon une étude israélienne, les chauves-souris ne seraient pas à l’origine de la pandémie de Covid-19. Elles ne peuvent pas être considérées comme des réservoirs du virus. 

Les chauves-souris ne seraient pas à l’origine de la Covid-19, selon une étude peters99/istock


  • Publié le 08.09.2022 à 19h05
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L'ESSENTIEL
  • Le réservoir animal d’un virus est une espèce animale qui participe à la reproduction du virus, et ainsi à sa transmission à d’autres espèces.
  • Les chauves-souris peuvent être porteuses de différents virus, comme la rage.
  • Pour Ebola, comme pour la Covid-19, la responsabilité des chauves-souris n'a pas pu être prouvée, faute d'arguments scientifiques pertinents.

Depuis bientôt trois ans, l’épidémie de Covid-19 secoue le monde. La faune sauvage est régulièrement mise en cause, comme l’un des facteurs ayant contribué à l’apparition du virus, et à sa transmission à l’humain. Parmi les animaux ciblés, il y a la chauve-souris. Dans la revue scientifique iScience, des chercheurs de l’université de Tel-Aviv montrent que la communauté scientifique a fait fausse route : les chauves-souris ne seraient pas impliquées dans l’apparition du virus chez l’humain.  

Une méta-analyse pour différents virus 

Les auteurs de cette recherche ont analysé plusieurs dizaines d’articles et d’études scientifiques réalisées sur le sujet. "Afin d’évaluer la situation globale, nous avons effectué une méta-analyse de la littérature et vérifié les résultats pour plus de 100 virus pour lesquels les chauves-souris sont considérées comme des réservoirs potentiels, comme Ebola, le SRAS et la Covid", précise le Dr Maya Weinberg, directrice de la recherche.

Dans un premier temps, ils ont constaté que dans près de la moitié des études, les chauves-souris étaient considérées comme réservoir, à cause de test PCR ou de détection d’anticorps, et non pas par un "isolement réel de virus identique". "En général, les chauves-souris sont considérées à tort comme des réservoirs de nombreuses maladies contagieuses, uniquement parce qu'elles sont sérologiquement positives, en d'autres termes, en possession d'anticorps, ce qui signifie que les chauves-souris ont survécu à la maladie et développé une réponse immunitaire, détaille la directrice de l’étude. (…) Dans de nombreux cas, un virus similaire à un agent pathogène humain est susceptible de se retrouver chez les chauves-souris ; cependant, il n'est pas pathogène pour l'homme et n'est pas suffisant pour utiliser les chauves-souris comme réservoir."

Les auteurs de l’étude précisent que l’isolement d’un virus n’est pas une preuve suffisante pour considérer un animal comme réservoir. Au contraire, il faut "un nombre minimum de cas dans lesquels le virus est isolé pour être considéré comme un animal réservoir, ainsi que l'existence d'une voie établie de transmission". Selon eux, cette corrélation entre l'épidémie de COVID-19 et les chauves-souris n’était pas basée sur des preuves scientifiques "suffisamment convaincantes" et a provoqué "un stress et une confusion inutiles dans le monde entier".

Des chauves-souris résistantes ? 

Dans un second temps, les scientifiques israéliens expliquent que les chauves-souris sont en réalité très résistantes face aux différents virus, plus que d’autres mammifères y compris les humains. "Après plus de 100 ans d'attention portée aux virus portés par les chauves-souris, il semble que le système immunitaire des chauves-souris se caractérise par une réponse restreinte lors des processus inflammatoires", expliquent-ils. Les "voies inflammatoires modérées" améliorent la tolérance immunitaire des chauves-souris, et provoquent une "réponse bien équilibrée qui empêche le virus de se développer".

Un outil pour la communauté scientifique 

"L'étude approfondie que nous avons menée soulève de sérieux doutes quant à la possibilité que les chauves-souris soient à l'origine de l'épidémie de Covid-19, conclut le Dr Maya Weinberg. Les résultats donnent lieu à la perspective opposée, selon laquelle nous devons étudier en profondeur les capacités antivirales immunologiques des chauves-souris, et ainsi obtenir de nouveaux moyens efficaces de faire face à aux maladies contagieuses, au vieillissement et au cancer." Elle rappelle également que ces animaux sont importants dans la pollinisation des cultures, dans l’extermination d’insectes nuisibles et dans le reboisement. De principale menace pour la santé humaine, la chauve-souris pourrait devenir notre meilleur alliée. 

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