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Plus de 4 femmes sur 10 n’osent pas aborder tous les sujets avec leur médecin traitant

Par Charlotte Arce

Une étude OpinionWay pour deuxiemeavis.fr pointe la gêne que ressentent 44 % des femmes à aborder des sujets intimes avec leur médecin traitant. C’est particulièrement vrai pour les jeunes femmes.

wutwhanfoto/iStock
En 2019, 5,4 millions de Français ne disposaient pas de médecin traitant.
Désigner un médecin traitant et respecter le parcours de soins coordonnés permet d'être mieux remboursé par la Sécurité sociale.

Interlocuteur privilégié des patients, le médecin traitant est généralement celui que l’on consulte en première intention lorsque l’on est confronté à un problème de santé. Parce qu’il connaît et gère les dossiers médicaux des personnes qu’il soigne régulièrement, c’est aussi lui qui met, si besoin, en relation avec d’autres professionnels de santé et assure ainsi un parcours de soins optimal.

Mais encore faut-il oser aborder avec lui toutes les questions d’ordre médical qui nous taraudent. Selon une étude OpinionWay pour deuxiemeavis.fr réalisée en février auprès de 1 031 personnes de 18 ans et plus, de nombreuses femmes sont gênées d’aborder les sujets intimes avec leur médecin traitant, en particulier lorsqu’elles sont jeunes : 54 % pour les 18-24 ans contre 21 % des 65 ans et plus.

44 % des femmes et 30 % des hommes gênés de poser certaines questions

D’après les résultats du sondage, 61% des personnes interrogées parlent sans complexe de tous les sujets concernant leur santé. Toutefois, 44 % des femmes et 30 % des hommes admettent être embarrassés à l’idée d’aborder certains sujets. Ce qui, dans certains cas, peut retarder le diagnostic.

Les sondés n’hésitent d’ailleurs pas à se référer à Internet en première intention. Pour 47 % des sondés, les sites médicaux permettent aussi de mieux comprendre ou obtenir un complément d’information après une consultation chez un médecin spécialiste. « Cette étude montre que les femmes ne se sentent pas écoutées et entendues. Pour 41 % d’entre elles, la durée du rendez-vous est trop courte pour évoquer tous les sujets souhaités (contre 29 % des hommes), comme notamment les à-côtés de la pathologie que sont l’hygiène de vie, le sommeil, l’alimentation, etc., autant de sujets qui sont pourtant importants dans le processus de guérison », explique Pauline d’Orgeval, fondatrice de deuxiemeavis.fr, un service qui permet aux patients et à leur médecin d’accéder rapidement à un très haut niveau d’expertise médicale en cas de problème de santé sérieux ou complexe.

"Dans le domaine de la santé, il n’y a jamais de question bête"

Autre enseignement de l’étude : le désarroi que ressentent les jeunes Français après une consultation chez un spécialiste. Si 72 % des sondés ont le sentiment d’avoir tout compris et retenu de ce que le médecin leur a expliqué, 43 % des 18-24 ans ont le sentiment de n’avoir rien compris.

Cela explique le fait qu’ils soient aussi avides d’informations et plus enclins à se renseigner sur des sites médicaux (49 %). Le jargon médical peut aussi créer un fossé entre le médecin spécialiste et le jeune patient, ce qui rend l’échange incompréhensible. "La gêne d’aborder certains sujets ne se cantonne pas à la sphère de l’intime, elle peut aussi concerner des questions précises sur la maladie, questions qui ne seront pas posées au risque de paraître simple d’esprit. Or, en particulier dans le domaine de la santé, il n’y a jamais de questions bêtes. Toutes les interrogations doivent être posées pour dissiper le moindre doute et comprendre dans les détails ce qui nous arrive", souligne Ronan Chastellier, sociologue et co-auteur de l’étude.