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140 signataires de gauche et de droite

Une pétition dénonce la privatisation de la Sécu

Par la rédaction

Alors que la Sécu ne rembourserait plus que 50% des soins courants.140 personnalités de gauche comme de droite demandent un débat public sur la santé. 

GILE MICHEL/SIPA

« Si l’on poursuit dans cette voie, la protection sociale ne prendra bientôt plus en charge que les patients les plus démunis et les malades les plus gravement atteints » dénonce les 140 personnalités du monde de la santé et de la politique de gauche comme de droite signataires de cette pétition lancée par le professeur André Grimaldi. Par le biais de cet appel révélé ce dimanche matin en une du Parisien, les auteurs de ce cri d’alarme appellent les usagers et les professionnels de santé à se mobiliser pour arrêter la dérive actuelle qui sonnerait le glas de notre sécurité sociale universelle et solidaire.

 

Les signataires de cette pétition pointe tout particulièrement du doigt la dérive de la prise en charge actuelle. « Nous sommes en train de passer, sans débat démocratique, d’une logique de prise en charge solidaire pour tous à une logique d’assistance pour les plus pauvres et d’assurance pour les plus riches » lancent-ils dans leur appel. Selon eux, depuis dix ans, au lieu de renforcer la lutte contre les dépenses injustifiées et de donner un nouvel élan au service public de l’assurance maladie, le choix a été fait de transférer progressivement la prise en charge des soins courants (les soins hors hospitalisation et hors affections de longue durée ALD) vers les assurances complémentaires. Des mutuelles, institutions de prévoyance et assureurs privés à but lucratif qu’ils jugent moins égalitaires (tarifs variables et plus élevés en fonction du risque assuré), moins solidaires, et plus chères puisque leurs frais de gestion dépassent souvent les 15% des prestations versées contre moins de 5% pour la Sécu. 

 

D’autre part aux yeux des pétitionnaires, l’accord national interprofessionnel de 2013 généralisant les complémentaires à tous les salariés favoriserait également ce processus de « privatisation rampante » de l’Assurance maladie. « De prime abord, cela ressemble à une avancée sociale. En, réalité on habitue peu à peu les Français à souscrire obligatoirement une complémentaire santé. C’est une première marche vers une dissolution de la Sécu obligatoire » confie le Pr André Grimaldi dans les colonnes du Parisien.

 

Tous les signataires de ce texte demandent donc qu’un débat public soit lancé, suivi d’un vote à l’Assemblée nationale. "Nous demandons que s'ouvre un large débat citoyen, suivi d'un vote solennel de la Représentation nationale, sur le choix entre le financement des dépenses de santé par la Sécurité sociale ou par un assureur privé dit complémentaire" conclut la pétition des 140.