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Coronavirus : seuls 59% des Français envisageraient de se faire vacciner

Par Jean-Guillaume Bayard

Un récent sondage confirme la tendance anti-vaccinale française puisque ce sont environ un quart des Français n’envisageraient pas de se faire vacciner. De quoi placer la France en queue de peloton des pays européens les plus réfractaires aux vaccins.

Nastco/iStock
74% de la population mondiale se dit prête à se faire vacciner contre le coronavirus selon ce sondage.
24% des Français interrogés se disent contre le vaccin “de manière générale”.

Les sondages se suivent et se ressemblent. Un nouveau sondage publié mardi 1er septembre, réalisé par Ipsos et commandé par le Forum économique mondial, révèle que la France fait partie des pays européens les plus réfractaires à se faire vacciner contre la Covid-19. Un premier sondage, réalisé par YouGov, pour le Huffington Post, a révélé qu’un tiers des Français refuserait de se faire administrer un vaccin contre le coronavirus. Précédemment, c’est le sociologue Jeremy Ward qui a estimé entre 20 et 25% la part de la population qui serait contre un vaccin pour se protéger de la Covid-19.

24% des Français contre le vaccin “de manière générale

Au total, 74% de la population mondiale se dit prête à se faire vacciner contre le coronavirus selon ce sondage, mené auprès de 19 519 adultes à travers 27 pays. En tête de liste, on trouve les Chinois qui sont 97% à vouloir se faire vacciner. Derrière, il y a les Brésiliens et les Australiens (88%) qui sont très largement favorable. Un peu plus loin, les États-Unis sont 67% à se déclarer pour le vaccin. Pour la France, seuls 59% des sondés envisagent de se faire vacciner. Un chiffre qui nous place au quatrième rang des pays les plus réfractaires, juste devant la Hongrie (56%), la Pologne (55%) et la Russie (53%).

La France est sur le podium des pays comptant le plus de personnes opposées au vaccin. Ce sont 20% des interrogés qui se disent être fermement contre le vaccin, contre seulement 1% des Chinois ou encore 7% des Britanniques. Plusieurs raisons sont invoquées par les anti-vaccins pour justifier leur réticence. Tout d’abord, il y a la crainte d’effets secondaires (60%), suivi par le doute sur son efficacité (33%) et la conviction que la Covid-19 n’est pas un virus dangereux (14%). En outre, 24% des Français interrogés se disent contre le vaccin “de manière générale”.

Le vaccin, au moins pour réduire l’engorgement des hôpitaux

Des chercheurs américains de la CUNY Graduate School of Public Health and Health Policy de New York ont effectué des simulations pour établir à partir de quelle efficacité le vaccin stopperait la propagation de la maladie. Leurs résultats, publiés le 15 juillet dans l’American Journal of Préventive Medicine, ont montré que l'efficacité du vaccin devra être d'au moins 60% pour éteindre l'épidémie en cours dans le cas où 100% de la population serait vaccinée. Si cette couverture descend à 75%, cette efficacité devra grimper à 80%. “Tout cela suggère qu'un vaccin seul ne permettra pas un retour à la normale (affranchissement des gestes barrières et de la distanciation sociale), à moins d'un taux d'efficacité très élevé et d'une couverture vaccinale qui semble irréaliste”, ont conclu les auteurs de l'étude.

Si le vaccin ne parvenait pas à atteindre l’efficacité suffisante, il ne serait pas d’aucune utilité. “Cela ne veut pas dire pour autant qu'un vaccin avec une efficacité moindre (au-dessous de 80 %) ne serait pas utile, insistent les chercheurs. L'objectif d'un vaccin est aussi de réduire l'engorgement du système de santé.” Les chercheurs ont calculé qu'un vaccin efficace à 40 % permettrait d'éviter 89,5 milliers de jours d'hospitalisation et 2,8 millions de personnes mises sous ventilation artificielle. Par ailleurs, il faudra établir une stratégie vaccinale et viser les personnes les plus fragiles en priorité. “Déjà que le vaccin contre la grippe reste optionnel pour la majorité d’entre nous, on ne pourra pas le rendre obligatoire, estime Benjamin Wyplosz à Pourquoi docteur. C’est encore trop tôt pour établir une stratégie vaccinale, ne serait-ce que parce qu’on ne sait pas combien de dose de vaccin il faudra administrer pour qu’il soit efficace. Mais il faudra certainement établir les personnes à vacciner en premier, comme les soignants ou les pompiers.”