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Prévention

Alzheimer : nourrir une pensée négative répétitive serait un facteur de risque de la maladie

Par Anaïs Col

Des chercheurs anglais pensent que l'association du stress et d'une pensée négative répétitive sur le long terme pourrait être un facteur de risque de la maladie d'Alzheimer.

KatarzynaBialasiewicz/iStock
Des chercheurs ont établi un lien entre le fait de nourrir une pensée négative répétitive et le développent de démence
Le stress associé à une pensée négative répétitive pourrait être un facteur de risque
220 000 nouveaux cas de maladie d'Alzheimer sont diagnostiqués chaque année en France

Notre schéma de pensée aurait-il des répercussions sur notre santé ? Une récente étude publiée dans la revue Alzheimer’s and Dementia démontre que les pensées négatives répétitives, comme l'inquiétude permanente de ce qui se produira dans le futur ou encore le fait de repasser les regrets, colères et évènements du passé, peuvent devenir des facteurs de risque de la maladie d'Alzheimer. 

Les conséquences de la pensée négative répétitive sur les fonctions cognitives

Les chercheurs de l’University College London (UCL) ont suivi l'évolution de la santé mentale de 360 ​​personnes âgées de plus de 55 ans, en accordant une attention particulière à leur tendance à nourrir une pensée négative répétitive (RNT pour repetitive negative thinking). L'état dépressif des participants a également été évalué. Les résultats étaient clairs : des niveaux élevés de RNT seraient associés au déclin cognitif de la mémoire épisodique et du fonctionnement cognitif global.

Des scintigraphies cérébrales ont également été effectuées sur 113 des participants, permettant aux chercheurs d'établir un lien entre des niveaux élevés de RNT et une accumulation de protéine tau (pour Tubulin associated unitdans le cortex entorhinal, une zone du cerveau impliquée dans les mécanismes de l'olfaction et de la mémoire. L'accumulation de cette protéine est souvent un indicateur précoce du développement de certaines formes de démence.

De même, une autre protéine appelée bêta-amyloïde, également fortement associée à la maladie d'Alzheimer, s'est avérée être présente en plus grande quantité dans le cerveau des participants ayant une tendance accrue à la RNT.

Stress et schéma de pensée négatif chronique

Les schémas de pensée négatifs chroniques sur une longue période pourraient augmenter le risque de démence. Nous ne pensons pas que ce soit le cas lorsque la pensée négative répétitive est nourrit sur le court terme”, explique Natalie Marchant, docteure en psychiatrie et autrice principale de l'étude.

Bien que les chercheurs ne sachent pas encore complètement comment la pensée négative répétitive endommage les fonctions cognitives, ils pensent que des niveaux de stress élevés associés à ce schéma de pensée négatif pourraient être en cause. L'hypertension artérielle et la libération d'hormones comme le cortisol sont toutes deux caractéristiques du stress et ont déjà démontré qu'elles stimulaient la création des protéines tau et bêta-amyloïde.

Fort de ce constat, les chercheurs pensent que la méditation ou autres techniques de relaxation pouvant diminuer les niveaux de stress, mener à la paix intérieure et à l'acception de ce qui est, peut diminuer les risques de démence. 

La maladie d'Alzheimer en France et dans le monde

En France, environ 900 000 personnes sont atteintes de la maladie d'Alzheimer et plus de 220 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. On compte 50 millions de patients à l'échelle mondiale et estime que 152 millions de nouveaux cas seront diagnostiqués d’ici à 2050.

La maladie d'Alzheimer est une pathologie neurodégénérative, c'est-à-dire venant d’une dégénérescence du cerveau. Outre les pertes de mémoire, elle peut engendrer des difficultés à exécuter des tâches quotidiennes, une confusion dans le temps et les lieux (même familiers), des problèmes d'élocution, des difficultés à planifier ou à résoudre des problèmes, des changements d'humeur et de comportement, un jugement amoindri et dans certains cas, un isolement.