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Alzheimer

Alzheimer : chez les bilingues, la maladie se déclare plus tard mais plus fort

Être capable de parler plusieurs langages permet de retarder l’arrivée d’Alzheimer mais quand les lésions prennent le dessus, le déclin est plus rapide.

Alzheimer : chez les bilingues, la maladie se déclare plus tard mais plus fort Marta Ortiz/iStock

  • Publié le 18.02.2020 à 12h00
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La neuroplasticité est la capacité du cerveau à se “muscler” lorsqu’on le stimule. Cette musculation permet d'améliorer la réserve cognitive et se traduit par la capacité de notre cerveau à trouver de nouvelles connexions neuronales pour être plus efficace. Être bilingue et pouvoir parler plusieurs langues constitue la meilleure activité pour stimuler notre cerveau et jouer sur sa plasticité pour améliorer sa réserve cognitive. Des chercheurs viennent de découvrir que parler plusieurs langues permet, en musclant notre cerveau, de retarder l’apparition des maladies neurodégénératrices, telles que Alzheimer. Leurs résultats ont été publiés dans la revue Alzheimer Disease and Associated Disorders.

Un diagnostic plus tardif mais une maladie qui évolue plus vite

Les chercheurs ont suivi 158 personnes pendant cinq ans à partir de leur premier diagnostic de déficience cognitive légère. Tous les six mois, un nouveau diagnostic était effectué afin de mesurer l’évolution de la maladie. La première observation faite par les chercheurs est que les patients bilingues ont reçu, en moyenne, leur premier diagnostic de déficience cognitive à 77,8 ans contre 75,5 ans pour les autres patients. La seconde observation faite par les chercheurs a été que la maladie évolue de manière beaucoup plus rapide chez les personnes bilingues, en 1,8 an après le diagnostic initial contre 2,6 ans pour les monolingues.

Pour expliquer ce phénomène et l’influence du bilinguisme sur le cerveau et les maladies neurodégénératrices, Ellen Bialystok, autrice principale de l’étude, compare cela à un barrage. “Imaginez des sacs de sable retenant les vannes d'une rivière. À un moment donné, la rivière va gagner. La réserve cognitive retient l'inondation. Au point où ils étaient lorsqu'ils ont été diagnostiqués avec une déficience cognitive légère, ils avaient déjà une pathologie importante. Mais cela ne se voyait pas parce qu'ils étaient toujours capables de fonctionner, grâce à la réserve cognitive.”

Mieux vivre plus longtemps

Actuellement, il n’existe pas de traitement efficace permettant de lutter contre la maladie d’Alzheimer. Plusieurs résolutions ont été mises en avant pour limiter la maladie, comme vieillir au coté d’une personne optimiste, pratiquer une activité physique ou encore faire une injection de lithium. Il semblerait qu’être bilingue participe à retarder l’apparition d’Alzheimer et donc à vivre plus longtemps en bonne santé. “Étant donné qu'il n'y a pas de traitement efficace contre la maladie d'Alzheimer ou la démence, le mieux que vous puissiez espérer est de maintenir ces personnes en état de fonctionner afin qu'elles vivent de manière indépendante afin de ne pas perdre le contact avec la famille et les amis. C'est énorme”, conclut Ellen Bialystok.

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