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Confinement : il faut continuer à suivre les patients ayant des troubles de la nutrition

Par Anaïs Col

La Haute Autorité de santé (HAS) recommande aux professionnels de santé de maintenir un suivi à distance de leurs patients présentant des troubles de la nutrition.  

YakobchukOlena/iStock

Selon un récent sondage Odoxa sur les conduites addictives des Français, 27% d'entre eux mangeraient avec plus d'excès que d'habitude pendant cette période de confinement. Consciente de ces risques, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande aux professionnels de santé de “maintenir le suivi de leurs patients présentant des troubles de la nutrition ou pour lesquels l’alimentation est un enjeu pour le maintien de leur santé.”  

Les personnes obèses plus à risque face au Covid-19

Dans un récent communiqué, la HAS définit deux principaux risques nutritionnels liés à cette période : “Une prise de poids liée à la sédentarité et à une alimentation déséquilibrée ; et inversement une perte de poids et une dénutrition avec fonte musculaire et troubles de la mobilité.” Outre les problèmes de santé habituels auxquels nous exposent ces déséquilibres nutritionnels, il est important de rappeler que les personnes obèses sont plus à risque de développer une forme sévère du Covid-19.

Au Royaume-Uni, un rapport de l’Intensive Care National Audit and Research Centre de Londres affirme que 72% des personnes hospitalisées en soins intensifs sont en surpoids (avec un IMC supérieur à 25) ou obèses. En France, le constat semble le même : Yazdan Yazdanpanah, chef du service maladies infectieuses à l’hôpital Bichat à Paris, explique au Figaro que “plus de 80% des moins de 50 ans qui se trouvent en réanimation chez (eux) à cause du Covid-19 sont obèses.”

Cité par Le Monde, Hervé Quintard, anesthésiste-réanimateur au centre hospitalier universitaire (CHU) de Nice affirme que “parmi [ses] 40 patients, 95% sont en surpoids ou obèses, avec souvent une hypertension artérielle et un diabète associés”. Même constat au CHU de Montpellier où 45% à 50% des patients Covid placés en réanimation lors des premières semaines de l’épidémie souffraient d'obésité sévère, voire morbide. 

L’obésité et même le surpoids peuvent devenir un facteur de risque d’infection sévère”, a récemment déclaré Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, qui appelle à la prudence pour “les personnes en surpoids important qui signalent rapidement une détérioration de leur état clinique, et en particulier l’apparition de difficultés respiratoires.”

Un suivi continu à distance

C'est pourquoi la HAS préconise un suivi continu à distance des patients souffrant de pathologies chroniques, les personnes âgées polypathologiques ou dépendantes et les patients avec troubles du comportement alimentaire. “Enfin, chez les patients dont l’état requiert une nutrition artificielle à domicile, la vigilance doit être renforcée afin de prévenir le risque infectieux (centres labellisés, intervenants à domicile)", précise-t-elle. 

La HAS met également en garde contre le risque de dénutrition chez les patients Covid, notamment chez ceux qui ont du mal à respirer. “Si le patient est en situation de dénutrition, la prise en charge ambulatoire consiste en une alimentation hyperénergétique et hyperprotidique par enrichissement des repas et compléments nutritionnels oraux, voire en une nutrition entérale par sonde naso-gastrique en cas d’efficacité insuffisante de ces premières mesures.”