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Coronavirus : les hommes plus touchés à cause de leurs testicules?

Selon une étude pré-publiée, les hommes seraient davantage sensibles au Covid-19 à cause de leurs testicules où le virus trouverait refuge. Ces résultats ont toutefois été contestés par plusieurs scientifiques. 

Coronavirus : les hommes plus touchés à cause de leurs testicules? Robin Gentry/iStock

  • Publié le 21.04.2020 à 16h30
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L'ESSENTIEL
  • Près de 3 cas graves du Covid-19 sur 4 sont des hommes
  • Certains scientifiques estiment que le virus pourrait trouver refuge dans les testicules des hommes et l’infection durer plus longtemps dans leur organisme

Les hommes plus touchés par le Covid-19 que les femmes. Grâce à une étude chinoise publiée le 24 février dans la revue Jama et portant sur 44 672 cas confirmés dans le pays, on a eu pour la première fois une visibilité sur le profil des personnes les plus vulnérables à ce nouveau virus. Cette dernière montrait notamment que les hommes y seraient plus sensibles. Depuis, de nombreuses données se sont accumulées, confirmant cette tendance. Ainsi, selon le dernier bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France, sur 2 806 cas graves de Covid-19 enregistrés depuis le 16 mars, 73% d’entre eux étaient des hommes. D’après une nouvelle étude pré-publiée sur le site médical MedRxiv, cela pourrait s’expliquer par leurs testicules. Ces résultats ont toutefois été contestés par plusieurs scientifiques. 

Pour en arriver à cette étonnante conclusion, le docteur Aditi Shastri, oncologue au Montefiore Medical Center à New York (Etats-Unis) et sa mère, la docteure Jayanthi Shastri, microbiologiste au Kasturba Hospital for Infectious Diseases de Mumbai (Inde), ont suivi 48 hommes et 20 femmes infectés par le coronavirus. Les sujets étaient âgés de 3 à 75 ans et vivaient à Mumbai. Les chercheurs ont alors remarqué que si les femmes mettaient quatre jours pour se débarrasser de l’infection, il en fallait six aux hommes. Dans trois familles ayant participé à l’étude, les hommes ont aussi eu besoin de plus de temps que les femmes pour se rétablir de la maladie.

D’après les scientifiques, cela pourrait s’expliquer car le le coronavirus pourrait se fixer aux cellules exprimant la protéine ACE2 ou enzyme de conversion de l’angiotensine 2, que l’on retrouve dans les poumons, le cœur, les intestins, et en grande quantité dans les testicules. Au contraire, le tissu ovarien n’en contient quasiment pas. Ainsi, le SARS-CoV-2 pourrait trouver refuge dans les testicules des hommes et l’infection durer plus longtemps dans leur organisme.

Des résultats contestés 

Certains scientifiques anglais émettent toutefois quelques réserves face à ces résultats, pas encore évalués par des pairs. Pour le professeur de virologie Ian Jones, de l’université de Reading (Royaume-Uni), pour que le virus puisse atteindre les testicules, “il faudrait d’abord qu’il voyage dans la circulation sanguine”. Si cela a déjà été indiqué pour le Covid-19, “ce n’est généralement pas ce que font les coronavirus”, qui se localisent surtout dans les voies respiratoires. Selon lui, si les hommes résistent moins bien au virus que les femmes, c’est “peut-être parce qu’ils ne possèdent qu’un seul chromosome X”.  

Jonathan Ball, professeur de virologie moléculaire à l'université de Nottingham (Royaume-Uni), met quant à lui en avant une autre étude n’ayant trouvé aucune trace de coronavirus dans le sperme des malades. Cela suggérerait donc que “le tractus génital masculin n’est pas un réservoir important pour le virus”. Cette étude n’a toutefois pas encore été relue, elle non plus, nuance-t-il.  

Enfin, pour Derek Hill, le professeur d'imagerie médicale de l'University College London, il faudrait beaucoup plus de données pour pouvoir tirer des conclusions concrètes de cette étude. 

Les précédents coronavirus étaient également plus dangereux pour les hommes

Ce nouveau coronavirus n’est pas le premier à être plus compliqué pour les hommes. Il y a trois ans une étude américaine portant sur le SRAS et le MERS, les précédents coronavirus pathogènes pour l’Humain, montrait déjà de fortes disparités selon les sexes. Les travaux, réalisés sur des souris suggéraient que les récepteurs cellulaires aux œstrogènes (hormones femelles) jouaient un rôle dans la réponse immunitaire. 

Aujourd’hui, en France, Jean-Charles Guéry, chercheur au centre de physiopathologie de Purpan (Toulouse), s’intéresse surtout à la réponse inflammatoire selon les sexes.

Pour le Covid-19, l’hypothèse est que des facteurs biologiques agissent sur la modulation de la réponse immunitaire et donc sur la sévérité de l’inflammation”, explique-t-il à Ouest-France. Cette inflammation excessive est à l’origine des syndromes respiratoires aigus sévères nécessitant une hospitalisation en réanimation. Autre possibilité : “Les variations de la composition du microbiote intestinal, différent selon les sexes, et qui joue un rôle sur le contrôle des inflammations.”

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