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Pandémie

Covid-19 : une étude en Île-de-France pour faire le point sur le pouvoir contaminant des enfants

Invité dans le podcast de Pourquoi docteur du mercredi 15 avril, le professeur Robert Cohen, spécialiste des infections des enfants, a fait le point sur les implications de la réouverture des écoles annoncée pour le 11 mai. Il a également présenté les modalités de l'étude qu'il conduit actuellement en région parisienne.

Covid-19 : une étude en Île-de-France pour faire le point sur le pouvoir contaminant des enfants Gargonia/iStock

  • Publié le 16.04.2020 à 17h15
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L'ESSENTIEL
  • Une étude sur 600 enfants va être menée en Ile de France pour y voir plus clair sur leur capacité à transmettre Covid-19
  • Il est probable que cette étude montre un niveau plus faible qu'attendu du nombre d'enfants ayant été contaminés
  • Ces données sont importantes pour juger de la pertinence de la réouverture des écoles le 11 mai

L'annonce de la réouverture des crèches, écoles, collèges et lycées dès le 11 mai est largement débattue en France. En cause notamment : le risque d'une nouvelle propagation du Covid-19. “Avant, on était tous convaincus, les pédiatres infectiologues, que, comme pour plusieurs virus, les enfants étaient plus souvent porteurs que les adultes et qu'ils pourraient jouer un rôle important dans la contamination”, explique le professeur Robert Cohen dans le podcast de Pourquoi docteur. Une idée reprise par Emmanuel Macron lorsqu'il avait annoncé la fermeture des écoles avant l'entrée en vigueur du confinement, le 17 mars dernier.

“À partir de cette hypothèse, on s'est vite aperçus que le prélèvement chez l'enfant, fait aux urgences ou dans l'entourage de malades, était trois à cinq fois plus fréquemment négatif que chez les adultes, développe le médecin. Puis, parmi les enfants hospitalisés, l'immense majorité a été contaminée par un adulte de l'entourage.” Des données qui remettent donc en question le pouvoir contaminant des enfants. 

Une étude portant sur 600 enfants de région parisienne

Devant ce constat, le professeur Cohen a décidé d'approfondir la question, à travers une étude portant sur 600 enfants d'Île-de-France. La moitié d'entre eux manifesteront de la fièvre et de la toux, tandis que l'autre partie des enfants ne présenteront aucun symptôme du Covid-19. Les pédiatres pratiqueront d'abord un test PCR, puis une sérologie par micro-méthode. S'il avertit sur le “manque de certitudes” concernant la fiabilité de cette seconde catégorie de tests, le médecin se dit “assez confiant”. “Seules les études permettent d'avancer”, ajoute-t-il.

Celle qu'il a lancée mardi 14 avril avec son équipe ne sera pas finie à temps pour le 11 mai. Néanmoins, le pédiatre infectiologue évoque la possibilité d'avoir quelques données d'ici là. “On aura déjà un nombre considérable d'enfants qui seront inscrits, qui seront déjà inclus dans l'étude”, avance-t-il. D'autant que les résultats des tests surviennent assez rapidement.

“Un galop d'essai pour la rentrée en septembre”

“On a bien compris qu'en matière de Covid-19, on avait assez peu de certitudes et qu'on travaillait sur les scénarios les plus probables, estime le professeur Cohen. Le scénario le plus probable, c'est qu'en septembre, il y aura encore très peu d'enfants qui auront une sérologie positive, et qui seront ainsi susceptibles d'attraper la maladie. Donc, en septembre, on se retrouvera exactement devant la même situation.”

Déconfiner les enfants en fixant la réouverture des classes au 11 mai ne serait donc pas une mauvaise chose. “On ne va pas tout rouvrir en même temps et on va voir ce qui est possible, ce qui est raisonnable, en ouvrant progressivement, envisage le spécialiste. Combien d'enfants par classe, quelles protections pour les professeurs… Je trouve que ça pourrait être un galop d'essai pour la rentrée en septembre qu'il ne serait pas négligeable d'avoir.”

Ci-dessous, l'interview du Pr Robert Cohen :

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