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L'après confinement

Réouverture des écoles le 11 mai : l'inquiétude des syndicats et associations

Alors qu'Emmanuel Macron a annoncé la réouverture progressive des crèches, écoles, collèges et lycées à partir du 11 mai, de nombreux syndicats d’enseignants et d’associations s’inquiètent quant au risque de contamination.

Réouverture des écoles le 11 mai : l'inquiétude des syndicats et associations Monkeybusinessimages/iStock

  • Publié le 14.04.2020 à 13h30
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L'ESSENTIEL
  • Emmanuel Macron a annoncé la réouverture progressive des écoles, collèges et lycées à partir du 11 mai
  • Des enseignants expliquent la difficulté à faire respecter les gestes barrière par les enfants
  • Syndicats et associations s'inquiètent des risques de contamination

“C’est tout sauf sérieux de rouvrir les écoles le 11 mai”. L’annonce lundi 13 avril d’Emmanuel Macron de rouvrir progressivement des crèches, des écoles, des collèges et des lycées à partir du 11 mai n’a pas fait que des heureux. De nombreux syndicats d’enseignants et d’associations s’inquiètent quant au risque de contamination. “Reprendre dans un mois, comme si de rien n’était, ce n’est pas possible, car il n’y aura pas plus de gens immunisés, les enfants seront ensemble à l’école, sans gestes barrière possibles, et ensuite aller dans les familles, chez les grands-parents, cela ne paraît pas du tout raisonnable”,s’insurge notamment Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, auprès de l’AFP.

Dans son allocution télévisée, le chef de l’Etat a déclaré : “Trop d’enfants, notamment dans les quartiers populaires, dans nos campagnes, sont privés d’école sans avoir accès au numérique et ne peuvent être aidés de la même manière par les parents, c’est pourquoi nos enfants doivent pouvoir retrouver le chemin des classes. Le gouvernement aura à aménager des règles particulières, organiser différemment le temps et l’espace, bien protéger nos enseignants et nos enfants avec le matériel nécessaire”, a développé Emmanuel Macron sans donner plus de détails.  

“Ça paraît être en contradiction totale avec le reste”

Un flou qui ne plaît pas à Francette Popineau, inquiète quant aux gestes barrières indispensables pour limiter la propagation de l’épidémie. “Il est impossible chez de jeunes enfants de leur expliquer qu’il faut qu’ils se mettent à un mètre cinquante de leurs copains pour jouer, de ne pas se toucher quand on est enfants, ne pas se disputer la balle, rappelle-t-elle. C’est tout sauf sérieux de rouvrir les écoles le 11 mai, car on nous dit que tous les lieux publics sont fermés, les cinémas, les salles de spectacle, mais pas les écoles, alors que l’on sait que c’est un lieu de haute transmission, de haute contamination, il y a un manque de précaution, ça paraît être en contradiction totale avec le reste”, déclare-t-elle.

D’autant plus que si Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité pour les élèves de retourner rapidement en classe, pour l’enseignement supérieur, les cours ne reprendront pas “physiquement pas avant l’été”. C’est pourquoi, la décision du président apparaît pour les syndicats comme une stratégie pour relancer plus rapidement l’économie en permettant aux parents de retourner au travail. Les organisations évoquent donc des enseignants “sacrifiés sur l'hôtel de l'économie”

“Si on doit rentrer avant l’été, ça suppose tout un plan de sortie de confinement. Tester les gens, désinfecter les locaux, avoir des masques et du gel hydroalcoolique, faire en sorte aussi que les élèves ne soient pas à 35 dans les classes”, commente quant à elle Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU (syndicat majoritaire du secondaire), citée par Libération

“Un mois pour présenter le plan d'urgence scolaire”

Pour Francette Popineau, si un retour dans les conditions normales le 11 mai semble prématuré, un retour partiel au mois de juin aurait été une bonne idée : “Une journée, on aurait accueilli une moitié de la classe, le lendemain l’autre moitié. Pour certains de nos élèves, ça aurait permis un moment de respiration.” 

“Sans plan d'urgence pour l'école, la reprise est impossible sans risque de nouvelle vague de contamination. Arrêtons de faire semblant !”, s’insurge quant à elle la FCPE, association de parents d’élèves. Pour son co-président Rodrigo Arenas, “le gouvernement a un mois pour présenter le plan d'urgence scolaire pour maintenir le respect des gestes barrière à l'école. Autrement, les parents risquent de ne pas rescolariser les enfants s'ils risquent de se contaminer ou de contaminer les personnels”, tranche-t-il sur Twitter.  

De son côté, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, se veut rassurant. Sur France 2, il a fait part d'un “retour progressif” avec “beaucoup d’aménagement”. “On ne peut imaginer que des petits groupes (…) Il est hors de question d’avoir des classes bondées dans cette situation”, a-t-il ajouté sur Franceinfo. Qui plus est, “tous les élèves ne rentreront pas au même moment” à l'école, a-t-il ajouté, laissant entendre que les “lycées professionnels” pourraient être les premiers à reprendre. Les modalités de la reprise des cours seront fixées dans les deux semaines à venir, a précisé le ministre.

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