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Parkinson : de nouvelles preuves sur les origines intestinales de la maladie

Par Raphaëlle de Tappie

Alors que plusieurs études ont déjà montré que la maladie de Parkinson pourrait naître dans l'intestin, de nouvelles recherches réalisées sur des souris génétiquement modifiées vont dans le même sens. 

KatarzynaBialasiewicz/iStock

La maladie de Parkinson est un trouble neurologique dégénératif et évolutif qui touche 6,3 millions de personnes dans le monde, ce qui en fait la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente, juste après Alzheimer. Elle se traduit par une perte progressive de neurones entraînant de multiples problèmes moteurs et psychiques. Si le symptôme le plus connu reste le tremblement, elle engendre également une grande rigidité musculaire, une bradykinésie (lenteur des mouvements ou absence de mouvement) et une instabilité posturale. À l’heure actuelle, le traitement de Parkinson vise à réduire et à soulager les symptômes, sans pour autant arrêter sa progression et de nombreux médicaments peuvent entraîner des effets secondaires très lourds (nausées, baisse de tension, somnolences, hallucinations…).

Aussi, pour aboutir à une cure plus efficace, les chercheurs essayent mieux comprendre les origines de cette maladie. Si celle-ci est associée aux atteintes du cerveau, il se pourrait qu’elle naisse en fait au niveau de l’intestin. Alors que plusieurs études ont déjà avancé cette théorie, une nouvelle, publiée fin juin dans la revue Neuron vient la confirmer à nouveau.

En 2003, des chercheurs avaient découvert que les chez personnes atteintes de Parkinson, la protéine "protéine α-synucléine" (ou "alpha-synucléine") était présente dans la partie du système nerveux contrôlant l'intestin.

Des anticorps monoclonaux ciblant l'α-synucléine ? 

Partant de ces résultats, des chercheurs de l’Université Johns Hopkins aux États-Unis ont décidé de réaliser des expériences sur des souris génétiquement modifiées qui ne produisaient plus cette protéine ayant reçu une injection d’une "une forme précurseur des agrégats d’α-synucléine" et d’autres aux nerf vague sectionné. En effet, la constipation étant l’un des premiers symptômes de Parkinson, ce nerf qui relie le tube digestif au cerveau serait l’un des premiers touchés par la maladie.

Après avoir avoir observé des agrégats d'alpha-synucléine dans les noyaux moteurs dorsaux du nerf, les chercheurs les ont vus rejoindre la partie baso latérale de l'amygdale dans le cerveau. Cette progression des agrégats s’est accompagnée de l’apparition de symptômes compatibles avec un diagnostic de Parkinson.

En effet, sept mois plus tard, les scientifiques ont donné du matériel aux animaux pour construire un logis et leur ont attribué une note allant de zéro à six en fonction de la qualité du "chantier". Résultat : les souris ayant reçu une protéine α-synucléine ont reçu des notes entre zéro et un car elles n’utilisaient pas la totalité de leurs ressources. Ces animaux présentaient des déficits cognitifs ainsi que des pertes de capacités motrices et d'apprentissage, note l'étude. Ainsi, à terme, celle-ci pourrait "ouvrir la voie à des pistes thérapeutiques, comme des anticorps monoclonaux ciblant l'α-synucléine", se félicitent les chercheurs.

Les souris au nerf vague sectionné se débrouillaient mieux que les autres pour construire leur logis 

Concernant les souris aux nerf vague sectionné, ces dernières ont reçu des notes entre trois et quatre, ce qui veut dire qu’elles se débrouillaient bien mieux que les autres. Pour autant, "les patients ne doivent pas considérer la section du nerf vague comme une action préventive contre la maladie de Parkinson", prévient le Professeur Dawson qui a participé à l’étude.

Dans une étude parue en mars dans la revue Neurology, des chercheurs ont pourtant observé des taux inférieurs de Parkinson chez des patients qui avaient subi une "vagotomie". Proposée en cas d'ulcère gastroduodénal, il s'agit d'une section chirurgicale complète ou sélective du nerf pneumogastrique, ou nerf vague, au niveau de l'abdomen.