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Découvertes médicales

ASCO 2019 : des nouveautés dans la lutte contre le cancer

Le congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) qui s'est ouvert le 31 mai à Chicago rassemble les oncologues du monde entier venus présenter leurs dernières découvertes. Focus sur quelques-unes d'entre elles. 

ASCO 2019 : des nouveautés dans la lutte contre le cancer kasto80 /istock

  • Publié 02.06.2019 à 18h30
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Comme chaque année, des dizaines de milliers de médecins, chercheurs et scientifiques du monde entier sont réunis à Chicago au congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) pour présenter leurs derniers travaux en cancérologie. Au menu, l'immunothérapie, l'intelligence artificielle ou encore les nanoparticules. Focus sur quelques innovations présentées ce week end, qui pourraient bien changer le monde de demain.

La durée de survie après immunothérapie

L’immunothérapie prend peu à peu sa place dans le traitement de certains cancers comme le mélanome, le cancer de la peau, du rein, du poumon, du sein, et ORL. Contrairement à la chimiothérapie qui cherche à détruire la tumeur, l'immunothérapie consiste à administrer des substances qui vont stimuler, voire "mobiliser", les défenses immunitaires de l'organisme afin de le rendre plus résistant face à la maladie. Une technique novatrice récompensée par le Prix Nobel de médecine 20183000 essais sont actuellement menés à travers le monde avec ce traitement. Mais les médecins ont assez de recul pour dresser un premier bilan et l'un des thèmes de cette année est la durée de survie des patients traités par immunothérapie. 

Yohann Loriot, cancérologue à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif, cite l'exemple du cancer de la vessie à France info. "Les patients traités depuis plusieurs années sont toujours en vie, chose que l'on ne voyait pas jusqu'à présent avec la chimiothérapie dans le cancer de la vessie. Clairement, l'immunothérapie change le pronostic des patients. Évidemment ce n'est pas très intéressant si cela dure trois ou quatre mois, c'est beaucoup plus intéressant si ça dure un an, deux ans, voire plusieurs années".

Aurélien Marabelle, oncologue a Gustave Roussy et président de la toute nouvelle société française d’immunothérapie confirme à France Inter que "des patients qui ont eu de l'immunothérapie pendant un an, ou deux ans, et qui ensuite ont arrêté  parce que d'un point de vue protocolaire c'était prévu comme ça, n'ont pas rechuté de leur cancer. On est à un an, deux ans, jusqu'à trois ans de suivi et le cancer ne revient pas."  

Autre avantage pour les patients : contrairement à la chimiothérapie, on ne recense pas d'effet secondaire lors d'un traitement par immunothérapie. Ni nausées, ni perte de cheveux. Les inconvénients cependant, sont son inefficacité dans le traitement de certains types de cancer comme ceux de la prostate ou du pancréas et que l'immunothérapie ne fonctionne que chez 20% de personnes.

L'intelligence artificielle pour les plus de 70 ans

Il est parfois difficile pour les médecins de savoir comment traiter les personnes âgées de 70 ans et plus atteintes d'un cancer. Un outil créé par une équipe française de l'hôpital Henri Mondor de Créteil à partir du vécu de 2000 patients de plus de 70 ans, déjà traités pour tous types de cancers, pourrait les y aider. "On va regarder tout un tas de facteurs qui définissent l'état clinique du patient : est-ce que le patient a des déficits nutritionnels, des déficits cognitifs, on va mettre tout ça dans la balance pour ensuite que notre algorithme de 'machine learning' nous prédise la probabilité de survie", explique l'épidémiologiste à l'origine de cette intelligence artificielle, Etienne Audureau.

Et d'ajouter auprès de France Inter : "Ça permet vraiment de quantifier les choses et de se dire, pour un patient donné, qu'un traitement chimiothérapique pourra tout à fait être supporté et apporter un vrai bénéfice de survie et pour un autre patient, au contraire, que compte tenu de son terrain le traitement va plutôt dégrader sa qualité de vie sans avoir un vrai bénéfice de survie derrière."

Plus précisément, ce n'est pas cet outil qui déciderait de la nature des traitements à administrer à chaque patient, mais il contribuerait grandement à la prise de cette décision. Notamment en tenant compte de comment ont été traités 2000 autres patients du même âge et l'efficacité de la technique choisie. Si cet outil est précieux, c'est que les cancers chez les 65 ans et plus représentent 62,4 % des cancers estimés en 2017. Selon l'Inca, pour les personnes âgées de 85 ans et plus, 45 993 nouveaux cas de cancers sont estimés, soit 11,5 % de l’ensemble des cas de cancers diagnostiqués (9,3 % parmi les hommes et 14 % parmi les femmes).

Les nanoparticules pour optimiser l'efficacité de la radiothérapie

Les nanoparticules sont des molécules dont la taille varie entre 1 et 100 nanomètres, que l'on injecte dans la tumeur pour augmenter l'efficacité de la radiothérapie. Cette technique a été expérimentée à l’institut Curie sur une dizaine de patients atteints de cancers de la gorge, de la cavité buccale ou des amygdales. "Le principe c'est d'injecter les nanoparticules dans la tumeur, ça se fait sous anesthésie générale par un chirurgien, la veille du début de la radiothérapie, détaille à France inter Christophe Le Tourneau, oncologue à l’institut. Puis la radiothérapie démarre et les nanoparticules, par leur présence, démultiplient l'effet de la radiothérapie par, en gros, 1,5." 

Selon les résultats présentés à l'ASCO, les nanoparticules ont été efficaces dans le traitement des trois quarts des patients (plutôt âgés et fragiles). "La radiothérapie reste un traitement standard, si on peut augmenter le taux de guérisons grâce aux nanoparticules, c'est extraordinaire !"

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